C’est un drame absolu qui secoue l’Isère : le suicide de Joris, âgé de 21 ans, fait désormais l’objet de deux enquêtes judiciaires pour harcèlement moral et injures racistes. Selon l’avocate de la famille, le jeune homme subissait un déferlement continu d’insultes, de menaces et d’humiliations liées à ses origines algériennes, des violences dont il s’était ouvert auprès de son père.
À la suite du suicide du jeune homme de 21 ans à Châtonnay, le parquet de Vienne a ouvert deux enquêtes distinctes. La première vise à déterminer les causes exactes du décès.
La seconde, beaucoup plus large, s’intéresse aux circonstances ayant pu conduire au drame, avec des investigations menées pour harcèlement moral, provocation au suicide, bizutage, ainsi que pour injures et menaces de mort réitérées à caractère raciste.
🟢 À LIRE AUSSI : « Provocation à la haine » : l’ex-influenceur algérien Doualemn condamné en appel en France
Sa famille dénonce un harcèlement raciste
Joris a mis fin à ses jours le 13 juillet dernier. Son corps a été découvert le lendemain, une carabine à ses côtés, d’après ICI Isère. Les conclusions du médecin légiste ont rapidement confirmé l’hypothèse d’un suicide par arme à feu.
D’après l’avocate de la famille, le jeune homme subissait un harcèlement quotidien. En effet, il était régulièrement victime d’insultes, de menaces et d’humiliations de la part de jeunes issus de Châtonnay et de la commune voisine de Saint-Jean-de-Bournay.
Cela faisait deux ans que la famille dénonçait un harcèlement ciblé et des agressions à caractère raciste : « Joris s’est plaint à plusieurs reprises d’insultes de ‘sale bougnoule’, de ‘Algérien paysan’, de ‘sale arabe’. » Selon son oncle, le jeune homme était devenu le bouc émissaire d’un groupe de jeunes, parmi lesquels figuraient notamment des rugbymen du club voisin qu’il fréquentait lui-même. C’est ce même groupe qu’il avait de nouveau croisé fin juin, lors d’une fête de village.
Un appel à témoin diffusé par sa famille
Sur Facebook, la famille a lancé un appel à témoins afin de faire la lumière sur les événements, en particulier ceux survenus le 30 juin lors d’une fête foraine à Saint-Jean-de-Bournay. « Chaque information, même si elle vous paraît minime, peut être utile à l’enquête. Aujourd’hui, notre famille est brisée », écrivent ses proches dans cette publication.
Par ailleurs, la famille de Joris, appuyée par le pôle juridique de SOS Racisme Isère, a formellement déposé plainte le 17 juillet pour dénoncer le harcèlement moral et les insultes essuyés par le jeune homme entre 2024 et 2026.
Plusieurs figures de la gauche sont déjà sorties du silence pour réagir au drame. Sur le réseau social X, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France Insoumise, a fustigé un « meurtre par harcèlement ». De son côté, le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, y a déclaré : « Le racisme tue psychiquement ».
🟢 À LIRE AUSSI : Aymen, Algérien de 21 ans, tué au couteau à Paris : le suspect activement recherché
