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Djelloul, 25 ans, retrouvé pendu dans un CRA en France : le drame d’un jeune Algérien

Djelloul, 25 ans, retrouvé pendu dans un CRA en France : le drame d’un jeune Algérien
Le drame secoue le CRA 2 de Lyon. Djelloul Djahafi, un Algérien de 25 ans, est mort après avoir tenté de mettre fin à ses jours en détention.
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La mort tragique de Djelloul Djahafi, un Algérien de 25 ans pendu dans sa cellule au centre de rétention administrative (CRA) de Lyon, met en lumière les défaillances du système d’enfermement des sans-papiers. Entre conditions de vie carcérales, politiques d’expulsion très lente et détresse psychologique, ce drame ravive les critiques contre la gestion sécuritaire des retenus sous OQTF en France.

Les faits remontent au 4 mai 2026. Au CRA 2 de Lyon, les retenus gardent encore le souvenir vif de Djelloul Djahafi. Dans leur cellule exiguë du bloc B6, son compagnon de chambre Salah se remémore un homme discret rêvant de rejoindre ses proches, bien loin de la dureté du quotidien rythmé par les fenêtres à barreaux, les bruits d’avions et l’angoisse permanente d’une expulsion.

Le 12 avril, la situation bascule. Face au désespoir, le jeune homme tente de se pendre à une ligne de fortune sous la télévision de sa chambre. Selon StreetPress,  Plusieurs codétenus interviennent en urgence pour le décrocher et lui sauver la vie, témoignant de la tension extrême qui règne au sein de cet établissement réservé aux personnes sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF).

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Le piège de la rétention à répétition

À la suite de ce geste, Djelloul Djahafi est transféré dans une cellule d’isolement, officiellement pour sa protection. Malgré des rondes policières prévues toutes les quinze minutes, il parvient le jour même à réitérer son acte en accrochant ses draps à la bouche d’aération. Découvert inanimé puis hospitalisé, il est déclaré en état de mort cérébrale quelques jours plus tard.

Ce décès suscite un vif émoi chez Forum réfugiés, l’association accompagnant les retenus. Ses intervenants s’interrogent sur l’absence de prise en charge en structure spécialisée et le maintien de l’accès aux draps pour une personne en crise suicidaire. Profondément choquée, la salariée ayant accueilli le jeune homme à son arrivée a dû être mise en arrêt maladie.

Il s’agissait du troisième placement en CRA pour la victime depuis 2024. Arrêté le 10 avril pour rébellion, il avait reçu une nouvelle OQTF. En l’absence de laissez-passer consulaire délivré par l’Algérie, ces ressortissants s’enferment dans un cycle absurde : effectuer les 90 jours de rétention maximale autorisés par la loi, être libérés faute d’expulsion possible, puis se faire réinterpeller peu après.

Un enfermement quasi-total au quotidien

Inauguré en 2022, le CRA 2 de Lyon a été conçu par l’État comme un site pilote hyper-sécurisé, ceinturé de hauts murs et de barbelés. Qualifié de lieu de « carcéralisation » par la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, le centre restreint drastiquement les mouvements des sans-papiers, réduisant leur accès aux espaces extérieurs et aux services médicaux à une heure par jour.

Confinés près de 22 heures par jour dans leurs blocs, les retenus vivent dans un isolement pesant. Le personnel de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ainsi que les forces de l’ordre évoluent eux aussi dans un climat tendu, séparés des usagers par des vitres blindées et des grillages installés après plusieurs incidents.

Ce drame marque le premier décès dans un centre de rétention française depuis 2024 et a déclenché une vague d’angoisse. Dans les jours suivants, plusieurs autres personnes ont tenté de mettre fin à leurs jours dans le même centre, entraînant des libérations d’urgence pour incompatibilité médicale ou des interventions in extremis de leurs voisins de chambre.

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RA

Rima Aissanou

Rima Aissanou - Journaliste – Diaspora, tourisme et voyages

Rima Aissanou est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les thématiques liées à la diaspora algérienne, au tourisme et aux voyages.

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