Les Algériens entre malbouffe et trabendo

dimanche 6 décembre 2009 à 1:33
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20071015Malbouffe.jpgLe régime alimentaire des Algériens a changé radicalement ces dernières années. On a tendance, en effet, à constater que petits et grands n’hésitent pas à se restaurer à l’extérieur, affluant ainsi massivement vers les fast-foods, pizzerias et autres boutiques spécialisées dans la préparation de la garantita.

Sandwichs, frites omelettes, chawarma, m’hadjeb, garantita et l’incontournable pizza constituent le menu par excellence de nombre d’Algériens qui pour diverses raisons s’alimentent le plus clair du temps en dehors de leur maison.

«Je viens chaque jour à midi, dans ce «Quatre saisons» pour prendre une pizza, parfois un sandwich chawarma et une cannette de boisson gazeuse, c’est ma ration quotidienne et cela me suffit largement pour le restant de la journée», nous dit Fouad, trente-cinq ans, employé dans une société nationale.

Quant à Walid, vingt-cinq ans, rencontré sur les lieux, il estime que ces endroits de «bouffe rapide» sont aujourd’hui incontournables pour manger rapidement et gagner du temps.

«D’ailleurs, je n’ai d’autre choix que de manger dans des fast-foods dans la mesure où mes moyens ne me permettent pas de manger dans un restaurant», dit-il.

Le motif financier est également invoqué par Salah, technicien supérieur en informatique qui souligne : «La plupart des Algériens gagnent de petits salaires, certains ne dépassent pas douze mille dinars par mois, alors que le prix d’une ration journalière tourne autour de cent cinquante dinars, c’est pour cette raison que je m’alimente dans ces endroits bon marché, sachant pertinemment que ce genre d’alimentation est dangereux pour la santé».

«Le danger est d’ailleurs souligné par Moufida, étudiante en cinquième année de médecine; en effet, cette jeune femme de vingt-quatre ans, relève que ces rations dites rapides sont nocives pour la santé.

«Les gens ne sont pas conscients du danger de ce type d’alimentation non équilibrée et parfois mal conservée qui est à l’origine de plusieurs maladies cardiovasculaires, en constante augmentation en Algérie», souligne-t-elle.

Il faut savoir que le facteur alimentaire est devenu la cause principale de plusieurs maladies, selon une étude réalisée il y a deux ans par l’Institut national de la santé publique; vingt-six pour cent de cas de mortalité sont dus à des maladies cardiovasculaires et la même étude révèle que la majorité de ces malades ne s’alimentaient pas sainement, et vingt pour cent des plus de trente-cinq ans sont obèses et cinquante-six pour cent sont en sur- poids.

Selon le spécialiste en nutrition, le Dr Z.A., l’hypertension qui touche vingt-cinq pour cent de la tranche trente-cinq – soixante-dix ans est due également en grande partie au «dérèglement alimentaire», le principal facteur de ces pathologies est lié à l’alimentation, un excès de sel, de sucre, de graisses ainsi que des fritures avec une huile frelatée et non renouvelée générant immanquablement ces maladies.

Il est donc préconisé de préparer les aliments à la vapeur ou de les faire bouillir, signale le docteur, et d’ajouter : «La promotion d’une alimentation saine et protectrice de la santé doit être consacrée comme une véritable culture, de bien manger, ne pas oublier de prendre les protéines mais séparément même en petites quantités comme les viandes rouges et blanches, les œufs et le poisson.»

D’autres spécialistes estiment que l’alimentation devient un problème de santé. «Les Algériens ont changé de régime parce qu’ils ont changé de société», explique l’un des spécialistes. «On mange davantage de plats qui cuisent vite, comme les fritures par exemple. Par ailleurs, on ne travaille pas toujours près de son domicile.»

Le repas de midi se prend souvent dans un fast-food où l’alimentation est très grasse, très salée, très sucrée. Tout compte fait, le problème de l’alimentation n’est que l’arbre qui cache la forêt.

Derrière, il y a le problème du mode de vie et de la qualité de vie. La qualité de vie d’une population conditionne son état de santé et sa force de travail. L’Etat doit prendre conscience de la facture de santé, appelée à prendre des proportions plus grandes au vu des fréquences élevées de l’obésité, de l’hypertension artérielle et du diabète chez la population.

Mehdi Isikioune

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