L’inflation menace le pouvoir d’achat

lundi 21 décembre 2009 à 0:02
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March__03_914949317.jpgLe rythme moyen pour les onze premiers mois 2009 a atteint 5,7%
Cette tendance haussière s’explique, selon l’ONS, par une augmentation de 8,1% des produits du groupe des biens alimentaires, avec 21,03% pour les produits agricoles frais.

La dernière augmentation du SNMG décidé récemment par la tripartite risque d’être dépassée, avec le mouvement généralisé des prix des principaux produits qui forment le panier de la ménagère, menaçant ce qui reste du pouvoir d’achat des algériens.

Hier l’office national des statistiques a annoncé que le rythme d’inflation moyen pour les onze premiers mois 2009 a atteint 5,7%, contre 4,3% durant la même période de l’année dernière. A l’exception des baisses (0,2 %) en janvier et (-2,2%) en mai dernier, les autres mois ont connu des hausses dont la plus importante a été enregistrée au mois d’août (1,6 %), qui a coïncidé, avec le mois de Ramadhan.

Cette tendance haussière s’explique, selon l’ONS, par une augmentation de 8,1% des produits du groupe des biens alimentaires, avec 21,03% pour les produits agricoles frais. En revanche, les prix des produits alimentaires industriels ont enregistré une légère baisse de 0,82%.

Quant aux prix des produits manufacturés, ils ont connu une hausse de 3,62% et ceux des services 4,17%, détaille l’organisme de statistiques. A l’exception de la baisse des prix des huiles et graisses (-20,94%) et du lait, fromages et dérivés (0,89%), tous les autres produits du groupe alimentation s’étaient inscrits en hausse, dont notamment la viande de mouton (27,38%), les légumes frais (21,90 %), les œufs (20,78%), et les poissons frais avec (20,45%) .

Cette hausse a touché également la viande de bœuf (18,58 %), la viande blanche (poulet) avec 17,96%, la pomme de terre (16,65%), et les fruits frais avec 8,96%, précise l’office.

Les produits du «panier» de biens et services ont connu des hausses, la plus importante après celles des produits alimentaires, a été enregistrée par le groupe «éducation-culture et loisirs» avec 6,39%, «transport et communication» (3,87%), «santé-hygiène corporelle»(3,38%).

La hausse a touché également les groupes «logement-charges» (2,59 %), celui des «meubles et articles d’ameublement» avec une variation de 1,74%, et enfin celui de «habillement et chaussures» avec 0,38%, détaille la même source.

Pour le mois de novembre 2009, l’indice des prix à la consommation a connu une variation de 0,3% par rapport à octobre (+0,2%), précise l’organisme de statistiques, rappelant que le mois de novembre 2008 a enregistré une stagnation.

Cette évolution modérée, qui intervient pour le 2ème mois consécutif et ce, après des hausses sensibles relevées les mois précédents (juillet, août et septembre), traduit les fluctuations des prix selon les catégories de produits, précise l’ONS.

Les biens alimentaires ont accusé une croissance de 0,1% due particulièrement au relèvement, quoique modéré des prix des produits industriels (+0,4%). En revanche les produits agricoles frais enregistrent une légère baisse de 0,2%.

Les prix des produits manufacturés et ceux des services ont augmenté de 0,4%. Le mois de novembre dernier se caractérise par rapport au mois d’octobre par des augmentations des prix, notamment des poissons frais (14,5%), des fruits (6,86%), des viandes de bœuf (4,13%) et mouton (3,45%) et les sucres et produits sucrés avec 0,8%, selon la même source.

L’ONS a commencé depuis octobre dernier l’utilisation d’un nouvel indice des prix à la consommation, basé sur des règles universelles, pour calculer Le rythme moyen d’inflation. La tendance de l’inflation inquiète surtout par sa propension à suivre une courbe ascendante d’année en année. La banque d’Algérie dans sa dernière note de conjoncture avais déjà avertit sur la tendance à la hausse de l’inflation.

Alors que la tendance mondiale est à la nette décélération de l’inflation, voire une inflation négative aux Etats-Unis et dans la zone euro, l’évolution des prix en Algérie fait émerger un nouveau défi d’inflation endogène forte, d’autant plus que le premier semestre 2009 est caractérisé par une contraction monétaire.

Aussi, l’inflation est endogène et n’est plus générée, dans des proportions significatives, par la hausse des produits agricoles importés comme en 2007 et 2008 ; l’inflation importée s’amenuisant considérablement.

Le différentiel d’inflation de l’Algérie et de l’Europe des quinze, mesuré par l’écart des taux d’inflation annuels moyens, défavorable à l’Algérie, ne cesse de s’amplifier, passant de 1,2 point de pourcentage en décembre 2008 à 3,1 points en juin 2009.

La tendance de l’inflation inquiète surtout par sa propension à suivre une courbe ascendante d’année en année Algérie, En effet Malgré le ralentissement de l’inflation dans les pays partenaires de l’Algérie au second semestre 2008, en moyenne annuelle l’inflation a augmenté de 0,4 point de pourcentage, passant de 4,5 % en décembre 2008 à 4,9 % en juin 2009, soit le taux d’inflation le plus élevé de la décennie. Cette évolution vient confirmer la série croissante des taux d’inflation annuelle moyenne depuis trois ans (juin 2006).

Si les poussées inflationnistes continuent à prendre de l’ampleur, elles engendreront une baisse drastique du pouvoir d’achat, un surenchérissement certain des coûts des projets d’investissement et même une tendance à la hausse des taux d’intérêts bancaires.

D’où la nécessité de tuer l’inflation dans l’œuf. Même si la Banque d’Algérie ne peut pas jouer sur les taux d’intérêt, il n’en demeure pas moins que c’est à elle qu’il incombe de mettre les mécanismes nécessaires pour contrer le retour de l’inflation.

Kezoul L

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