Industrie automobile : La voiture algérienne, du mythe à la réalité

jeudi 17 décembre 2009 à 1:36
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voiture-algerienne.jpgDans un entretien paru dans un quotidien du soir, le directeur commercial d’une grande marque de voiture a tenté de justifier vainement les réticences de certains constructeurs étrangers à investir davantage dans notre pays. Les mesures prises par le gouvernement Ouyahia III qui laissent planer, enfin, l’espoir d’une reprise en main du secteur automobile, semblent, décidément, rester en travers de la gorge de nombre de concessionnaires automobiles implantés dans le pays.

En effet, la nouvelle politique d’incitation à l’investissement et de l’appui à la PME conduit les pouvoirs publics et certains opérateurs économiques à revoir en profondeur les «choix technologiques» opérés. C’est ce qui inquiète particulièrement les opérateurs du secteur automobile, un secteur d’activité très dynamique et très lucratif mais en même temps sans aucun impact économique structurant.

On se souvient que les «assises nationales sur la stratégie industrielle» avaient déjà démontré, à l’époque (fin février 2007), la nécessité de relancer l’industrie algérienne, notamment le secteur de la mécanique marqué, depuis de nombreuses années, par un très fort désinvestissement. «Peut-on envisager un pays sans usines?» C’est par cette interrogation qu’un industriel nous a, d’emblée, pris à partie à ce sujet.

Pour lui, la mécanique est précisément au centre de tout processus de revitalisation industrielle digne de ce nom: «Elle est indispensable pour aller vers des industries techniquement et technologiquement plus élaborées, comme celle du secteur de l’automobile.

Pour sortir du marasme dans lequel se trouve aujourd’hui ce secteur, il faut opposer à nos partenaires des approches concrètes qui tiennent compte des besoins du pays dans ce domaine, qui tiennent compte également des erreurs d’appréciation passées».

Par ailleurs, le fait que les participants aux assises sur la stratégie industrielle se soient particulièrement intéressés à l’industrie automobile et mécanique confirme, si besoin est, l’existence d’opportunités d’affaires et d’investissement dans ce domaine.

Et quelles affaires ! Malgré l’annulation du crédit automobile et tout le tapage qui s’en est suivi, les chiffres de vente pour l’année 2009 n’auraient subi, selon notre interlocuteur, qu’à peine 5 % de baisse.

«On reste toujours pas loin des 200.000 immatriculations annuelles». Faut-il rappeler, encore une fois, que ce déferlement sans précédent de véhicules importés dans notre pays n’a été accompagné, jusque-là, que de lots de pièces de rechange et d’un service après-vente réduit à sa plus simple signification.

En effet, aucun des constructeurs automobiles présents sur le marché algérien (soit plus de 35) n’aura jugé utile de prendre un engagement de nature vraiment industrielle. Le manque d’intérêt manifesté par les grands constructeurs étrangers, notamment français, pour l’investissement direct dans le secteur de la mécanique et de l’industrie de l’automobile dans notre pays n’en aura été que plus criard.

Aussi, la demande algérienne -en vue de l’implantation d’usines de fabrication de véhicules- dans notre pays reste, à ce jour, tout à fait légitime. Et ce vœu n’est sûrement pas une exagération ou une vue de l’esprit lorsque l’on regarde les potentialités de l’Algérie dans ce domaine.

Notre interlocuteur nous rappelle fermement que notre pays est «le seul au Maghreb à savoir fabriquer des camions, des tracteurs, des équipements pour engins industriels et utilitaires».
Qui se souvient de l’usine d’El-Harrach ?

D’ailleurs, pour lui, les conditions de production y sont par ailleurs extrêmement intéressantes en ce qui concerne les coûts si on les compare à ceux en vigueur dans d’autres pays bénéficiant actuellement d’IDE dans le secteur.

Il nous rappellera également que jusqu’à la fin des années 60, «il y avait à El-Harrach une usine de montage Renault d’où sortaient des R4, des R8 et plus tard des R16». A l’époque, l’Etat avait décidé d’adjoindre cette unité à la société nationale Sonacome qui avait choisi alors d’y fabriquer depuis des équipements pour travaux publics comme les dumpers ou les bétonnières.

Il est convaincu que si cette usine n’avait pas changé de vocation, elle aurait certainement réussi et contribué à l’émergence de nombreux sous-traitants dans les produits plastiques, la fabrication de sièges, les batteries, l’équipement électrique et autres accessoires.

Pour lui, l’Algérie dispose incontestablement d’avantages comparatifs non-négligeables qui peuvent permettre d’être compétitifs et de favoriser des politiques de délocalisation en direction de notre industrie.

Sur un autre plan, le pouvoir d’achat de notre pays s’étant nettement renforcé grâce à nos potentialités énergétiques, il est permis d’envisager, à présent, selon lui, de mieux valoriser, auprès des constructeurs automobiles, notre expérience industrielle, la technicité de notre main-d’œuvre ou encore dans le cas d’espèce le dynamisme de notre marché intérieur.

D’après lui, les opérateurs nationaux au premier rang desquels les concessionnaires automobiles sont sommés de faire valoir à l’avenir leur capacité à générer des processus innovants et des systèmes industriels nationaux. Le défi reste de taille, car il s’agit pour notre pays d’entrer de plain-pied dans les chaînes de valeurs internationales et accéder aux segments à haute charge en matière grise.

«Ce mouvement porteur de progrès technologique, de croissance et de compétitivité devra concerner, à l’avenir, toutes les entreprises algériennes liées par des accords de partenariat !» Il s’agit, donc, pour nos acteurs économiques d’apporter ainsi, tout simplement, une plus grande valeur ajoutée à la nation.

M.-C.L.

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