ArcelorMittal Annaba, Conflit syndico-syndical et intransigeance de l’employeu

Sunday 18 August 2013 à 9:29
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

141884 Guillaume Ramon / Panoramic / Starface 2012-03-22 Florange France Les hauts-fourneaux du site d'Arcelor Mittal dans la vallee de la Fensch en Moselle.Avant la reprise par les pouvoirs publics de la majorité du capital social de l’entreprise ArcelorMittal Annaba, prévue en principe pour le mois de septembre 2013, la situation de ce fleuron de la sidérurgie nationale bâti par la sueur des Algériens ne cesse de se dégrader du fait des manœuvres du partenaire étranger majoritaire pour tirer le maximum d’avantages et de profits avant cette échéance.

Ainsi, celui-ci affirme dans un message adressé aux salariés : «Notre entreprise traverse une période difficile qui ne lui permet plus aujourd’hui d’assurer les salaires et le paiement de ses fournisseurs de matières et de prestations.» Toutefois, et contrairement à ce qu’il avance comme difficultés pour ne pas satisfaire totalement les revendications des travailleurs, l’employeur consent des augmentations du salaire de base à hauteur de 7% et 3 % en début de l’année 2014, mais liées à un objectif de production, ainsi que l’octroi de 50 malheureux dinars comme prime de panier.

L’objectif à atteindre est impossible en raison de la situation dans laquelle se débat actuellement le complexe, marquée par une vétusté de la majorité des installations. C’est pourquoi les syndicalistes désignés ont refusé cette proposition faisant, toutefois, une contreproposition dans laquelle ils réduisaient leur revendication salariale de 30 à 28%.

Contreproposition également refusée par l’employeur. D’où un recours à l’inspection du travail pour une procédure de non-conciliation suivie de l’émission d’un préavis de grève pour le 31 août courant. Le seul objectif non déclaré de l’employeur est de poursuivre son œuvre entamée en 2001 consistant à tirer le maximum de profits sans investir le moindre dinar pour améliorer la production d’un complexe qui produisait avant septembre 2001 (date de sa rétrocession à l’indien Ispat devenu par la suite ArcelorMittal) quelque 2 millions de tonnes d’acier liquide par an et employait plus de 11 000 salariés. Aujourd’hui, ces chiffres ont rétréci comme une peau de chagrin pour n’être respectivement que de 580 000 tonnes pour l’année 2012 et 5.400 travailleurs pour la même période, facilitant ainsi le recours à l’importation de produits des autres unités du groupe implantées principalement en Europe de l’Est. Il faut bien expatrier le maximum de devises ! Son message aux salariés se voulait une réponse à la plate-forme de revendications présentée le même jour par le syndicat désigné par l’union de wilaya de l’UGTA qui réclamait des augmentations de salaires à hauteur de 30%.

Cette plateforme a, d’ailleurs, été confectionnée par le syndicat légalement élu par les travailleurs au mois de février 2013 et qui a été évincé illégalement quatre mois après par cette même union de wilaya UGTA au profit de l’actuelle équipe, sans recours à la moindre élection pourtant plus que nécessaire dans une telle situation. Ce fait, pour ne pas dire méfait, est signé par l’union de wilaya UGTA de Annaba. Son SG, placé également à la tête de l’organique de la Centrale syndicale par Abdelmadjid Sidi Saïd, avait déjà eu recours au même procédé envers d’autres syndicalistes élus démocratiquement à Annaba dont les trois représentants d’Algérie Poste. Ces derniers ont finalement été rétablis dans leur droit ce dernier mardi par la justice qui traitait l’affaire en appel après qu’ils aient eu gain de cause il y a plus de deux mois en première instance.

L’union de wilaya UGTA devra, en outre payer 60 000 dinars aux trois syndicalistes évincés au titre de dommages et intérêts. Ce jugement a particulièrement été apprécié par leurs collègues mais également par des syndicalistes d’autres entreprises ayant fait l’objet de mesures similaires de la part de la même personne.

Dans le lot, il y a ceux d’ArcelorMittal menés par Tahar Chaouch Tahar et dont l’affaire qui devait être jugée mercredi par le tribunal d’El Hadjar chargé de traiter les affaires sociales, n’a pu l’être que le lendemain jeudi en référé en raison de l’absence et du mis en cause et de son avocat. Mais au grand étonnement des plaignants et de leur avocat, le tribunal d’El Hadjar s’est déclaré incompétent dans ce dossier. Ces derniers estiment qu’«il s’agit pourtant des mêmes abus de pouvoir commis par le même secrétaire général de l’union de wilaya UGTA».

A. Bouacha

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