Grève dans le secteur de la santé en pleine pandémie de grippe porcine

jeudi 24 décembre 2009 à 3:09
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La_gr_ve_se_poursuit_dans_la_branche_PVC_de_l_usine_Arkema_de_Saint_Fons.jpgLes médecins refusent d’ausculter les malades
Les praticiens de la santé entament aujourd’hui leur quatrième jour de grève illimitée débutée lundi dernier. Ce débrayage a mobilisé le personnel médical de la Fonction publique paralysant ainsi tous les établissements publics de santé de proximité (ESPSP) ainsi que les établissements publics hospitaliers (EPH).

Hier, le Syndicat national des praticiens de la santé (SNPSP) a avancé un taux de suivi largement au-dessus de 80% à travers tout le territoire national.

Un chiffre qui n’alarme nullement le ministère de la Santé, préoccupé beaucoup plus par la pandémie de la grippe A et les préparatifs de sa campagne de vaccination. «Nous attendons toujours des réactions de la tutelle qui maintient son silence alors qu’une autre menace de grève retentit de la part des spécialistes de la santé publique», a déclaré au Midi Libre, le Dr Lyes Merabet, président du Snpsp.

Cette protestation ouverte inquiète bon nombre de citoyens qui affluent vers les structures de soins au moindre symptôme grippal. Ils rebroussent aussitôt chemin sans la moindre consultation médicale à cause de la grève des médecins généraliste qui persiste au moment où l’ombre de la grippe porcine plane toujours.

«Des médecins ont refusé de me consulter sous prétexte qu’il sont en grève. Ce n’est guère le moment pour geler leur travail», nous a confié une mère de famille rencontrée à la polyclinique de la commune de Gué-de-Constantine (Bir Mourad Raïs). «On ne vas pas courir à El Kettar à chaque fois que l’on se sent fatigué», déplore-t-elle.

En effet, il faut dire que cette grève intervient dans un contexte particulier. Un contexte marqué surtout par les décès consécutifs de malades touchés par le virus H1N1 de la grippe A. Ce qui laisse place à une crainte sans précédent des infections grippales. A ce propos, notre interlocuteur affirme que les médecins grévistes assurent le service minimum en dépit du débrayage.

Autrement dit, ils assurent la prise en charge urgente et participeront à la campagne de vaccination contre la pandémie. En revanche, les consultations médicales et autres soins ne figurent pas dans le répertoire des urgences médicales. «La consultation médicale ne relève pas de l’urgence. Nous assumons nos responsabilités puisqu’on est en grève.

C’est au ministère de la Santé de régler cette crise», dira le Dr Merabet. Pis, le syndicaliste interpelle le département de Saïd Barkat à réagir sur une situation d’alerte qui tend à s’enfoncer suite aux menaces de grève des autres syndicats de la santé. En effet, le syndicat des spécialistes (SNPSSP), rappelons-le, a annoncé, de sa côté, une grève illimitée à partir du 4 janvier, pour contester contre le mépris des pouvoirs publics, défendant une plateforme de revendications bien définies.

«La tutelle est dans l’obligation d’apporter des solutions à cette crise sanitaire», a ajouté le Dr Merabet, précisant que le bon déroulement d’une opération de vaccination doit mobiliser tous les personnels médicaux. Pour rappel, les revendications des praticiens sont inhérentes au statut particulier des praticiens généralistes de santé publique, tout en rejetant celui proposé par la tutelle.

Ajoutant à cela l’installation d’une commission mixte pour le régime indemnitaire ainsi que l’application du décret relatif à l’aménagement des horaires de travail hebdomadaires dans la Fonction publique.

Amel Benhocine

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