Algérie : un premier effet concret de la sortie de la liste grise du GAFI

Algérie : un premier effet concret de la sortie de la liste grise du GAFI
L’Algérie sort officiellement de la liste grise du GAFI

C’est l’un des premiers impacts concrets et immédiats du retrait de l’Algérie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), acté lors de l’assemblée générale tenue à Paris le 19 juin 2026. Les banques étrangères ont officiellement levé toutes les réserves et les mesures de contrôle strictes qu’elles imposaient de manière quasi systématique aux transferts de fonds depuis et vers l’Algérie.

Cette décision majeure va considérablement fluidifier les transactions financières internationales. De plus, elle allège les lourdeurs administratives et les surcoûts qui pesaient lourdement sur les opérateurs économiques nationaux.

Consolidation de l’acquis : vers l’évaluation de 2029

L’heure n’est pourtant pas au relâchement mais à la consolidation de cet acquis stratégique. L’Algérie s’apprête à entamer une nouvelle phase cruciale en vue d’une prochaine évaluation internationale prévue à l’horizon 2029. Ce contrôle sera mené par le Groupe d’action financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (GAFIMOAN). Il se basera sur la méthodologie rigoureuse adoptée par le GAFI en 2022.

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Contrairement aux examens précédents, l’évaluation de 2029 ne se contentera pas de vérifier la conformité des textes juridiques et législatifs, elle mesurera en priorité l’efficacité réelle du dispositif national et ses résultats concrets sur le terrain en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Succès et Vigilance : l’avis de Mohamed Yahiaoui

Mohamed Yahiaoui : Un succès qui marque le début d’une vigilance permanente

Le président du Conseil national de la Chambre nationale des commissaires aux comptes, Mohamed Yahiaoui, a souligné que la sortie de la liste grise, obtenue après une visite d’évaluation des experts du GAFI en avril 2026, couronne des efforts collectifs intenses étalés sur moins de deux ans. En effet, l’Algérie y avait été inscrite en octobre 2024.

Dans une déclaration accordée à El Echorouk, Monsieur Yahiaoui a précisé que ce succès envoie un signal fort sur la stabilité et la transparence du système financier algérien, améliorant ainsi directement le climat des affaires et de l’investissement.

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Cependant, il a fermement rappelé que cette sortie ne constitue pas une fin en soi. Au contraire, c’est le début d’un parcours exigeant qui demande une vigilance de chaque instant pour prouver l’application effective des lois.

Les acteurs de la surveillance financière

Dans cette nouvelle dynamique, les commissaires aux comptes, les experts-comptables et les comptables agréés se retrouvent en première ligne.

Considérés comme des professions non financières désignées selon les standards internationaux et la loi modifiée 05-01, ils agissent désormais comme de véritables veilleurs d’alerte précoce au sein de l’écosystème économique.

Chaque cabinet est désormais légalement tenu de formaliser des procédures internes écrites. Il doit désigner un responsable de la conformité, vérifier régulièrement l’identité des clients et des bénéficiaires effectifs, et déclarer sans délai tout soupçon auprès de la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF).

Un plan d’action sur trois ans et des inspections sur site dès 2028

Pour garantir une préparation optimale à l’échéance de 2029, la Chambre nationale des commissaires aux comptes a dévoilé une feuille de route sectorielle de cinq pages étalée de 2026 à 2029.

Ce programme repose sur l’édition de lignes directrices et des formations obligatoires sur les nouvelles typologies de blanchiment. Par ailleurs, il impose à chaque cabinet de tenir un dossier de preuve annuel documentant toutes les mesures de diligence.

Le calendrier s’accélérera en 2028 avec le lancement des premières inspections thématiques et des contrôles sur site pour évaluer le niveau réel de conformité et le volume des déclarations de soupçon. L’année 2029 sera quant à elle entièrement consacrée à des simulations d’évaluation et à la centralisation des statistiques professionnelles.

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La déclaration de soupçon, l’indicateur clé de la transparence

La note d’orientation insiste particulièrement sur l’importance des déclarations de soupçon, avertissant qu’un nombre anormalement bas ou nul de signalements provenant de la profession sera interprété par les évaluateurs internationaux comme une défaillance du système de contrôle et non comme un gage de probité du marché.

Les professionnels sont appelés à détecter des indicateurs précis tels que l’usage intensif et injustifié du cash, l’incohérence des flux financiers par rapport à l’activité déclarée. En outre, il faut détecter le refus de dévoiler les bénéficiaires réels ou les structures juridiques inutilement complexes, notamment dans les secteurs à haut risque comme l’immobilier, la construction et le commerce d’import-export.

Yahiaoui a conclu en appelant à une mobilisation immédiate de la profession, rappelant que la crédibilité internationale de la place financière algérienne dépendra de la capacité de chaque professionnel à fournir des preuves documentées de son engagement.