Algérie-UE – Des efforts à faire de « part et d’autre » pour l’investissement

Algérie-UE – Des efforts à faire de « part et d’autre » pour l’investissement
algerie-ue-des-efforts-a-faire-de-part-et-dautre-pour-linvestissement.jpg

L’Algérie et l’Union Européenne ne sont pas loin d’un accord sur le report de l’échéance du démantèlement tarifaire. Pour les investissements européens en Algérie, jugés faibles, des efforts doivent être faits de « part et d’autre » a indiqué M.Mourad Medelci qui a confirmé, implicitement, que des aménagements allaient être introduits à la faveur du débat souhaité par le président Bouteflika sur l’amélioration du climat des affaires.

Les relations entre l’Algérie et l’Union Européenne ont besoin d’un « ajustement » a déclaré, hier, le ministre algérien des affaires étrangères, Mourad Medelci dans un entretien à la radio algérienne (Chaine 3). Il a confirmé qu’une révision du cadre des investissements sera engagée après consultation des opérateurs nationaux. Le ministre algérien des affaires étrangères a désigné deux enjeux principaux dans la relation entre l’Algérie et l’Union Européenne : le report de l’échéance du démantèlement tarifaire prévu pour 2017 mais que l’Algérie veut repousser à 2020 et la question des investissements européens dont le niveau est jugé trop bas.

M.Mourad Medelci a estimé que les relations entre l’Algérie et l’Union Européenne avaient besoin d’un « ajustement ». Il a semblé très optimiste sur la question du report de l’échéance du démantèlement. Selon lui, la venue à Alger, le 15 mai prochain, de M. Štefan Füle, Commissaire européen à l’Elargissement et à la Politique européenne de voisinage, sera l’occasion de constater l’existence des prémices d’un accord qui pourrait intervenir lors de la prochaine réunion du Conseil d’association Algérie-Europe qui se tient en général au mois de juin.

Pour M.Medelci, l’accord de principe était acquis et la commission technique algéro-européenne qui planche sur le sujet a beaucoup avancé. Pour rappel, l’ambassadrice de l’Union européenne à Alger, Laura Baeza, a déclaré le 21 mars dernier que «les négociations commerciales sur le rééchelonnement du démantèlement tarifaire sont à mi-parcours».

Le ministre algérien du commerce, Mustapha Benbada a indiqué de son côté qu’il y avait eu quatre rounds de négociation avec Bruxelles. Cette demande du report de l’échéance du démantèlement intervient dans le cadre d’une évaluation algérienne globalement négative de l’incidence de l’accord d’association sur l’économie algérienne.

Faible flux des IDE européens

Le reproche récurrent des responsables algériens est que l’ouverture du marché algérien ne s’est pas accompagnée d’une arrivée significative d’investissements européens vers l’Algérie. C’est le second enjeu de la relation algéro-européenne qui a été évoqué par M.Mourad Medelci. Le ministre a évité d’imputer ce défaut d’investissement à la seule partie européenne en soulignant qu’il y avait « des efforts à faire, de part et d’autre, il faut le reconnaitre ». Il a estimé néanmoins que l’Algérie a créé des conditions attractives pour l’investissement et espère un flux plus important des investissements européens. Il a laissé entendre que l’ouverture d’un débat avec les opérateurs privés et public sur la manière d’améliorer le climat des affaires pourrait permettre des changements dans le cadre de l’investissement qui concernera également les IDE. « Le président de la république a appelé au débat.

Il faut nous mettre à l’écoute des opérateurs et engager la concertation avant de prendre des décisions » a indiqué M.Medelci. La tendance à l’aménagement du cadre juridique de l’investissement a été confirmée, mercredi à Paris, par M.Mohamed Benmeradi, qui, dans la foulée du discours à la nation du président Bouteflika, a indiqué que l’Algérie allait engager une « véritable refonte du système juridique afin d’améliorer le climat des investissements et des affaires ».