Le président de la République du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a quitté Alger ce vendredi au terme d’une visite officielle de trois jours, sanctionnée par la signature de près de 30 accords et mémorandums d’entente. Une visite historique qui marque le passage d’une amitié traditionnelle à un partenariat stratégique de plein exercice entre les deux pays.
Le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, a salué le chef de l’État tchadien à son départ à l’aéroport international Houari Boumediene, dans un protocole témoignant de la haute considération qu’Alger accorde à cette visite.
Dès son arrivée mercredi, le président Mahamat Idriss Déby Itno a été accueilli par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Les deux chefs d’État ont ensuite tenu des entretiens élargis aux membres des délégations des deux pays au siège de la Présidence de la République.
Au terme de ces discussions, les deux présidents ont co-présidé, mercredi soir, une cérémonie de signature d’une série d’accords et de mémorandums d’entente couvrant de nombreux secteurs stratégiques.
Près de 30 accords dans des secteurs clés
Les textes signés concernent les travaux publics, la communication, la jeunesse, la santé animale, l’industrie pharmaceutique, les services de transport aérien, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, ainsi que l’industrie et le commerce.
Un accord-cadre de coopération pour la réalisation d’une raffinerie a également été signé, constituant l’un des projets phares de ce rapprochement économique.
Sur le plan diplomatique, les deux pays ont conclu un accord d’exemption réciproque de visas pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service, ainsi qu’un accord relatif à l’établissement de consultations politiques et diplomatiques entre les deux gouvernements.
L’ensemble de ces textes porte à près de 30 accords et mémorandums le cadre juridique rénové régissant les relations algéro-tchadiennes, dans le sillage de la tenue de la 4e session de la commission mixte bilatérale.
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Tebboune : « Un pas important vers la construction d’un partenariat stratégique intégré »
Dans une déclaration à la presse à l’issue des entretiens, le président Abdelmadjid Tebboune a affirmé que les deux pays ont « réalisé aujourd’hui un pas important vers la construction d’un partenariat stratégique intégré », soulignant l’engagement de l’Algérie à se tenir aux côtés du Tchad et à bâtir un « modèle africain réussi de coopération interafricaine ».
Le chef de l’État a précisé que cette visite traduit « notre volonté politique commune de poursuivre la voie que nous avons tracée ensemble lors de la visite de Son Excellence en Algérie en septembre dernier », et vise à « donner un nouvel élan à la coopération bilatérale dans divers domaines ».
Il a également indiqué :
« Lors de nos entretiens, nous avons souligné ensemble l’importance d’activer les mécanismes de coopération, dont la commission mixte, pour laquelle nous avons veillé conjointement à la tenue de sa 4e session », ajoutant que les deux parties s’engagent « à l’actualisation du cadre juridique régissant nos relations et à la signature de près de 30 accords et mémorandums d’entente ».
Déby Itno : « D’une amitié traditionnelle à un partenariat stratégique de nouvelle génération »
De son côté, le président tchadien a donné une lecture politique forte de sa visite. Il a affirmé qu’elle « traduit une volonté politique claire des deux pays de passer d’une amitié traditionnelle à un partenariat stratégique de nouvelle génération ».
Mahamat Idriss Déby Itno a également rappelé les fondements profonds qui lient les deux nations, soulignant que l’Algérie et le Tchad « ne sont pas liés par le fait d’un simple hasard », mais « partagent une profondeur historique héritée de la route transsaharienne et une vision politique forgée par nos pères fondateurs ».
Cette visite s’inscrit alorsdans la stratégie africaine de l’Algérie, qui entend se positionner comme puissance stabilisatrice dans la région du Sahel. L’axe Alger-N’Djamena, fondé sur une frontière commune et des liens humains séculaires, constitue un levier naturel d’influence dans une zone en proie à une instabilité persistante.
Ainsi, la réalisation prévue d’une raffinerie sur le sol tchadien symbolise le passage à un partenariat économique concret et structurant, bien au-delà des simples déclarations d’intention diplomatique.
