Après dix jours de bras de fer administratif, l’entreprise algéro-espagnole de fertilisants Fertial a obtenu les autorisations d’exportation, permettant ainsi la « réouverture de l’usine » fermée depuis le 25 janvier, a annoncé à « Jeune Afrique », Stéphane Dieudé, directeur général de Fertial.
Les alertes médiatiques auront réussi à débloquer la situation. « Nous avons reçu cet après-midi [mercredi 3 février] les autorisations d’exportation », a déclaré Stéphane Dieudé, directeur général de Fertial. Fermée depuis le 25 janvier pour « surstockage », faute d’autorisations d’exportation, l’usine d’ammoniac de Fertial à Arzew, dans la wilaya d’Oran à l’ouest de l’Algérie, va donc redémarrer sa production.
« Les stocks seront écoulés dans les prochaines semaines permettant la reprise progressive de l’activité industrielle », a expliqué le DG de Fertial dont l’entreprise, détenue a 66% par le groupe privé espagnol Grupo Villar Mir et à 34% par l’entreprise publique algérienne Asmidal, exporte 80% de sa production d’ammoniac. Celle-ci a atteint 800 000 tonnes en 2015.
Divergences
« Nous nous réjouissons qu’une solution ait été trouvée mais la situation n’est pas définitivement réglée », nuance Stéphane Dieudé en soulignant que l’autorisation d’exportation obtenue accorde 60 000 tonnes, soit « un mois et demi de production ».
C’est une divergence entre les actionnaires qui a provoqué l’arrêt des autorisations d’exportation mi-décembre retrace le DG de Fertial qui rappelle que « depuis leur instauration il y a deux ans, Fertial n’a jamais eu de problèmes».
Développement
D’autant que la société affiche d’excellents résultats depuis sa naissance en 2005, atteignant 60% des parts de marché de fertilisants en Algérie, et a mis sur les rails un ambitieux plan d’investissement portant sur la modernisation des usines sur trois ans pour un montant de plus de 360 millions d’euros.
Une remise à niveau qui doit permettre aux deux usines de Fertial, à Arzew et Annaba, d’augmenter leurs capacités de production à 1,1 million de tonnes annuelles d’ammoniac, mais aussi de faire croître la masse salariale (1 300 employés aujourd’hui) et le chiffre d’affaires (300 millions d’euros en 2015)