La question de la sous-traitance ralentit l’aboutissement du projet Renault, estime le ministre de l’Industrie de la PME et de la promotion des investissements, Mohamed Benmeradi.
Le constructeur Français demande d’augmenter les niveaux de production pour pouvoir intégrer la production nationale aux taux voulus par le gouvernement algérien. « Les négociations sont très serrées sur la question de la rentabilité du projet », reconnait le ministre.
Le projet d’implantation d’une usine Renault en Algérie bute sur la question de sa rentabilité et de la sous-traitance, à se fier aux déclarations du ministre de l’Industrie, de la PME et de la promotion des investissements. Lors de son passage ce jeudi sur les ondes de la radio nationales algérienne, Mohamed Benmeradi reconnait que le projet a pris du retard. Le ministre avait annoncé la signature d’un premier document d’entente avant fin 2011. « Ce retard a ses raisons objectives », a-t-il indiqué.
Selon lui, les discussions sur la sous-traitance ont pris beaucoup de temps « parce que si nous avions voulu une usine de montage ça aurait été plus facile ». « Notre ambition est de faire émerger une filière automobile en Algérie », a-t-il rappelé.
A ce titre, a-t-il précisé, les négociations sont très serrées sur la question de la rentabilité du projet. « Notre partenaire estime qu’il faut des niveaux de production plus élevé pour la rentabilité du projet pour pouvoir (aussi) réaliser les projets d’intégration verticale », a-t-il détaillé.
Le projet de l’implantation d’une usine Renault en Algérie est censé booster la création d’une industrie nationale de l’automobile. Le taux d’intégration de la production nationale dans ce projet sera, dans un premier temps de 30 % avant d’aller au bout de 5 années à 50 %. Pas moins de 100 entreprises ont été identifiées pour être intégrées au projet dans le cadre de la sous-traitance.
Le niveau de production prévu est de 75.000 véhicules légers par an, dans un premier temps avant d’aller vers une moyenne de production de 150.000 véhicules/an.
« Faire l’économie de déclarations »
Se refusant à tout commentaire sur les récentes déclarations du PDG de Renault, le ministre affirme travailler d’une manière sérieuse et rigoureuse sur ce dossier pour lequel il a l’espoir et la conviction de le voir aboutir. Carlos Ghosn, PDG de Renault faisait état d’un non aboutissement des négociations entre l’Algérie et le constructeur Français.
« Les discussions sont en cours, nous sommes extrêmement intéressés mais pour l’instant il n’y a pas d’aboutissement », avait-il déclaré lors d’une conférence de presse, qui a suivi l’inauguration de son usine à Tanger au Maroc en février dernier.
Estimant qu’il vaut mieux faire l’économie de déclarations qui peuvent nuire à l’aboutissement du projet, le ministre assure : « C’est un projet qui est toujours en discussion qui continue d’avancer ». Pour étayer son propos, le ministre rappelle que des délégations de Renault « ne cessent de venir pour repérer les sites et discuter avec les filiales ».
Le site choisi pour l’implantation de l’usine est Bellara (Jijel). Une délégation de Renault est venue étudier ce site et une autre pour la qualification des entreprises concernées par l’investissement. L’investissement est évalué, rappelle-t-on, à un milliard d’euros. Il sera supporté, selon la règle de 51/49, par l’Etat à hauteur de 51 % dont 15 % par la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) et 36 % par le Fonds national d’investissement (FNI), et 49 % par le constructeur français.