La situation du journaliste français Christophe Gleizes a connu une évolution significative ce vendredi 30 janvier 2026. L’ancienne ministre Ségolène Royal, agissant en qualité de présidente de l’Association France Algérie, a annoncé avoir obtenu des autorités locales le transfert du détenu vers un établissement pénitentiaire situé à proximité d’Alger. Ce mouvement fait suite à une détention entamée le 29 juin 2025 à Tizi-Ouzou, en Kabylie.
Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », était jusqu’ici incarcéré à une centaine de kilomètres de la capitale. Selon les déclarations de Ségolène Royal à l’issue d’un entretien en milieu carcéral, ce changement de lieu de détention vise principalement à faciliter le droit de visite de sa famille. Jusqu’à présent, seuls ses parents et le cardinal Jean-Paul Vesco avaient pu obtenir l’accès au journaliste.
Lors de cet échange, autorisé par une dérogation spéciale, l’ancienne ministre a décrit un détenu concentré sur la lecture et la pratique sportive, précisant que ce dernier ne souhaitait pas faire l’objet d’une surmédiatisation. Ce geste des autorités algériennes est présenté comme une réponse favorable à une démarche humanitaire entamée lors d’une rencontre entre Ségolène Royal et le président Abdelmadjid Tebboune.
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Un contexte diplomatique marqué par de fortes tensions
Cette initiative s’inscrit dans une période de dégradation marquée des rapports entre Paris et Alger. Plusieurs dossiers cristallisent actuellement le mécontentement des deux capitales. Les canaux diplomatiques traditionnels sont affaiblis par l’absence d’ambassadeurs en poste, tandis que l’incarcération d’un agent consulaire algérien en France et la diffusion d’un reportage de l’émission Complément d’enquête ont accentué les frictions.
Ségolène Royal, tout en précisant qu’elle n’est pas mandatée officiellement par l’Élysée, a souligné que ce geste pourrait constituer un signal dans la perspective d’une reprise du dialogue. Elle a notamment évoqué la nécessité de traiter les dossiers en suspens, tels que la restitution des biens culturels de l’époque coloniale ou la coordination des services de renseignements dans la lutte contre le terrorisme.
La visite de la présidente de l’Association France Algérie, effectuée sur invitation de la Chambre de commerce et d’industrie algérienne, laisse entrevoir une volonté de rétablir certains ponts économiques et sécuritaires. L’ancienne ministre a plaidé pour la concrétisation de visites ministérielles et de délégations patronales françaises, estimant que la résolution des litiges passait par une présence directe et constante sur le terrain.
Bien que le transfert de Christophe Gleizes soit acté, l’issue de la demande de grâce formulée par sa famille reste, à ce jour, dépendante de la décision finale de la présidence algérienne.
