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Algérie – France : Ségolène Royal alerte sur l’« algérophobie » dans la campagne présidentielle

Algérie – France : Ségolène Royal alerte sur l’« algérophobie » dans la campagne présidentielle
Face au blocage diplomatique entre Paris et Alger, Ségolène Royal dénonce les conditions françaises et presse Laurent Nuñez de renouer le dialogue par une visite officielle à Alger.
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L’hostilité affichée envers Alger n’a plus rien d’un dérapage isolé : elle relève désormais du calcul électoral. C’est en substance le message délivré par Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, au micro de la chaîne AL24 News. Pour l’ancienne ministre, une frange de la classe politique française, qu’elle qualifie de néocoloniale, a transformé l’algérophobie en argument de campagne à l’approche de la présidentielle de 2027.

« L’algérophobie est devenue une véritable stratégie électorale » pour certains acteurs politiques qui « continuent à remuer les relents néocoloniaux dans un contexte où les Français ont bien d’autres préoccupations », a déclaré Mme Royal, dans une interview exclusive de l’émission C Show, diffusée mardi sur la chaine internationale AL24News.

Elle a relevé, dans ce sens, que cette stratégie « n’est pas alimentée seulement par l’extrême droite, mais aussi par une partie beaucoup plus large » de la classe politique française, citant notamment « un ancien Premier ministre candidat à l’élection présidentielle de 2027 (qui) a commencé à triturer les accords de 1968 sans expliquer (…) le pourquoi du comment ».

Le voile et l’Algérie, des écrans de fumée selon Ségolène Royal

L’ex-ministre de l’Environnement renvoie ces polémiques à leur inutilité concrète. « Ce n’est pas la chasse au foulard qui va faire baisser le prix de l’essence ou permettre d’éradiquer la pédo-criminalité », a-t-elle indiqué.

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Derrière ce détournement d’attention, elle voit surtout « une tentative de faire oublier un bilan ». Explosion de la dette publique, décrochage de la France dans les classements éducatifs internationaux, affaiblissement du système de santé, coups portés au régime des retraites : ceux qui gouvernaient hier devraient, selon elle, répondre de ces résultats plutôt que de désigner un adversaire extérieur.

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L’ancienne ministre refuse de servir de carburant à la campagne de 2027

Interrogée sur les accusations de « soumission à l’Algérie » lancées par des figures de l’extrême droite, Ségolène Royal balaie l’attaque. Ses détracteurs restent enfermés, dit-elle, « dans une nostalgie coloniale, dans l’espoir de rassembler quelques suffrages » dont elle affirme ignorer la provenance. L’image est claire : « ils pêchent dans un bassin vide ».

Sa position, elle la résume d’une phrase sans ambiguïté : elle ne laissera pas « l’hostilité envers l’Algérie alimenter la machine électorale ». La responsable socialiste réaffirme au contraire son engagement à « rapprocher les deux rives et à rebâtir des partenariats intelligents entre Paris et Alger ».

Cette ligne, elle la défend avec constance. L’été dernier, elle avait publiquement déploré le recul de l’influence française face à l’axe Rome-Berlin-Madrid, pendant que ses voisins européens multipliaient les contrats sur le marché algérien.

Une diplomatie méditerranéenne fondée sur la culture et l’éducation

Au-delà du seul dossier bilatéral, l’ancienne dirigeante socialiste plaide pour « une réorientation complète de la diplomatie française ». Elle souhaite voir Paris « cesser de s’immiscer dans les différends régionaux et jouer plutôt un rôle de conciliateur entre États voisins. S’entendre avec l’autre rive de la Méditerranée et avec le continent africain relève, à ses yeux, de l’intérêt bien compris ».

La coopération culturelle et éducative constitue selon elle le terrain le plus prometteur dans l’espace méditerranéen. C’est ce projet qu’elle entend porter à l’avenir, en rupture avec les crispations mémorielles qui empoisonnent le débat français.

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L’Algérie, porte d’entrée africaine que la France ne peut ignorer

Ségolène Royal conclut son intervention par un rappel géopolitique. « L’Algérie pèse lourd dans la région et constitue une porte d’accès au continent africain », estime-t-elle. « Rétablir de bonnes relations n’est donc pas une faveur, mais une nécessité stratégique, et elle promet d’y travailler », ajoute-elle.

Ce plaidoyer s’inscrit dans le prolongement de ses prises de position sur le passé colonial. En mai dernier, elle estimait déjà que Paris devait faire le premier pas en présentant des excuses, assorties de gestes concrets sur les archives, les biens spoliés et les séquelles des essais nucléaires sahariens.

Entre les contrats gaziers captés par l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne et un dialogue politique convalescent, la relation franco-algérienne reste suspendue aux échéances électorales de 2027. Une campagne dont la présidente de l’Association France-Algérie refuse, par avance, de voir Alger devenir le combustible.

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ZB

Zakaria Benhammadi

Zakaria Benhammadi - Journaliste senior – Sport, politique et justice

Zakaria Benhammadi est journaliste senior au sein d'Algerie360. Spécialisé dans l'actualité sportive, il couvre l'équipe nationale algérienne, la Ligue 1 et les joueurs algériens évoluant à l'étranger. Il traite également les grands dossiers politiques et judiciaires

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