Après plus de deux ans de froid diplomatique, c’est un déplacement qui ne passera pas inaperçu. Le ministre algérien de l’Intérieur s’est envolé pour Paris, marquant le premier voyage d’un membre du gouvernement vers l’Hexagone depuis des mois. Au menu de ces 48 heures décisives : sécurité, lutte antiterroriste, mais surtout l’épineuse question migratoire. Un réchauffement des relations aux enjeux colossaux, qui pourrait bien redessiner l’avenir des échanges, et potentiellement des mobilités, entre les deux rives de la Méditerranée.
Accueilli à son arrivée à l’aéroport par son homologue français, Laurent Nuñez, le ministre algérien est apparu dans une ambiance détendue, comme en témoignent les clichés publiés par les canaux officiels du ministère de l’Intérieur algérien.
Une visite réciproque sous le signe de la sécurité
Ce voyage à Paris fait suite à l’invitation officielle de Laurent Nuñez, qui s’était lui-même rendu à Alger les 16 et 17 février derniers. Pour ce déplacement hautement stratégique, Saïd Sayoud s’est entouré d’une importante délégation de haut niveau.
Bien que les deux ministères soient restés discrets sur les détails point par point de l’agenda parisien, les grands axes de ce sommet bilatéral sont clairement identifiés.
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Les discussions entre les deux délégations se concentrent principalement sur les dossiers régaliens et de souveraineté, à commencer par le renforcement de la coopération sécuritaire par l’échange de renseignements et la coordination des efforts en matière de lutte antiterroriste face aux menaces régionales, notamment dans la bande sahélo-saharienne.
Les échanges portent également sur le traitement des réseaux de criminalité transfrontalière liés au crime organisé, ainsi que sur la gestion des flux migratoires et des dossiers de mobilité liés à l’immigration clandestine, un sujet traditionnellement sensible entre les deux rives.
L’aboutissement d’une dynamique de reprise
Ce déplacement à Paris ne sort pas du néant ; il couronne une reprise progressive et méthodique des contacts à haut niveau amorcée depuis le début de l’année 2026. Avant la venue de Saïd Sayoud en France, pas moins de trois membres du gouvernement français ont foulé le sol algérien ces derniers mois, amorçant la reprise des contacts à haut niveau avec le déplacement de Laurent Nuñez (Intérieur) en février 2026, suivi en mai 2026 de ceux d’Alice Rufo (secrétaire d’État déléguée aux Armées) et de Gérald Darmanin (Garde des Sceaux, ministre de la Justice).
En choisissant de placer la sécurité, la justice et la défense au cœur de ce rapprochement, Alger et Paris tentent manifestement de rebâtir leur partenariat sur des bases solides et pragmatiques, loin des tensions politiques qui ont gelé leurs relations pendant près de 24 mois. Ce voyage de 48 heures pourrait bien ouvrir la voie à une normalisation plus large et à d’autres visites ministérielles sectorielles dans un avenir proche.
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