Les chefs de la diplomatie algérienne et française, Ahmed Attaf et Jean-Noël Barrot ont repris contact dimanche 15 mars pour discuter du renforcement de leur coopération. Dans un climat international instable, les deux ministres se sont accordés sur la nécessité de maintenir un dialogue politique constant, marquant ainsi un dégel des relations après plusieurs mois de silence.
Après une longue période de froid diplomatique, le conflit au Moyen-Orient a poussé Paris et Alger à renouer le dialogue. Jean-Noël Barrot et son homologue algérien Ahmed Attaf ne s’étaient plus officiellement entretenus depuis leur rencontre en marge du G20 en Afrique du Sud, fin 2025.
Ce rapprochement intervient près d’un an après la visite de Barrot en Algérie, notamment en avril 2025, qui avait précédé une dégradation brutale de leurs relations bilatérales.
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Le cas de Christophe Gleizes évoqué
Le 15 mars, Ahmed Attaf s’est entretenu par téléphone avec son homologue français, Jean-Noël Barrot. Au-delà de l’examen des relations bilatérales et de leur avenir, l’échange a porté sur des dossiers régionaux stratégiques. Les deux ministres ont ainsi discuté de la situation sécuritaire au Sahel, du processus de règlement au Sahara occidental, ainsi que de l’escalade des tensions au Moyen-Orient et de ses répercussions mondiales, indique un communiqué du MAE.
De son côté, le Quai d’Orsay a précisé que les ministres ont travaillé sur la reprise de la coopération franco-algérienne. Le dialogue s’est notamment concentré sur deux piliers sensibles : la sécurité régionale et les questions de migration.
Jean-Noël Barrot a insisté sur la nécessité d’obtenir des « résultats concrets » pour les deux nations. Selon le Quai d’Orsay, le ministre français a également profité de cet échange pour soulever le cas du journaliste Christophe Gleizes, condamné en Algérie à sept ans de détention pour « apologie du terrorisme », soulignant que Paris suit ce dossier avec une attention particulière.
Vers le retour de l’ambassadeur de France à Alger ?
Le communiqué a également souligné la nécessité d’une concertation permanente entre Paris et Alger. Ainsi, « les ministres sont convenus de poursuivre ce dialogue politique, dans un contexte régional et international marqué par l’accumulation des crises », avec en toile de fond l’urgence de la situation de guerre au Proche et au Moyen-Orient.
Le dégel des relations franco-algériennes, plongées dans une crise profonde depuis l’été 2024, avait été amorcé dès la mi-février lors du déplacement de Laurent Nuñez à Alger. Après avoir été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, le ministre de l’Intérieur français avait officialisé la reprise des échanges en annonçant que les deux nations avaient réussi à « réenclencher un dispositif de coopération sécuritaire de très haut niveau ».
Par ailleurs, l’échange entre Jean-Noël Barrot et Ahmed Attaf intervient au moment où des rumeurs persistantes annoncent le retour imminent de l’ambassadeur de France, Stéphane Romatet, à Alger. Ce dernier avait été rappelé à Paris par Emmanuel Macron en avril 2025, dans un climat de vive tension marqué par l’expulsion d’agents consulaires français par les autorités algériennes.
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