Algérie – Espagne : les échanges commerciaux dépassent les 10 milliards de dollars

Algérie – Espagne : les échanges commerciaux dépassent les 10 milliards de dollars
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Le dégel diplomatique entre Alger et Madrid porte ses fruits. Invité de la rédaction de la Chaîne 3, Abdallah Seriai, président du Forum d’affaires algéro-espagnol, a révélé que le volume des échanges commerciaux a dépassé le seuil symbolique des 10 milliards de dollars, marquant un tournant décisif dans les relations bilatérales.

Ce rebond spectaculaire ne doit rien au hasard. Il s’inscrit dans le sillage de la réactivation du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, suspendu depuis 2022 et relancé suite à la visite officielle à Alger du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, le 26 mars dernier.

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Une année 2025 record et diversifiée

Si les hydrocarbures restent un pilier central, l’année 2025 s’est distinguée par une diversification notable des exportations algériennes vers la péninsule ibérique. Outre le gaz, l’Algérie a imposé ses produits sidérurgiques, ses engrais (liquides et solides) ainsi que des produits agricoles, tels que la pomme de terre, sur le marché espagnol.

Cette dynamique témoigne de la montée en puissance du « Made in Algeria » et d’une volonté commune de ne plus limiter les échanges au seul secteur énergétique.

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Cap sur le 14 avril : Un rendez-vous d’affaires majeur

Le renforcement de ce partenariat passera par une étape clé le 14 avril prochain. En marge du salon Djazaagro, une journée d’information réunira une quarantaine d’entreprises espagnoles.

  • Matinée : Conférences et séminaires sectoriels.
  • Après-midi : Rencontres B2B entre opérateurs des deux pays pour concrétiser de nouveaux projets d’investissement.

Industrie et Pharmacie : Les nouveaux relais de croissance

L’Algérie affiche désormais des ambitions claires : exporter son savoir-faire. Couvrant aujourd’hui 70 à 80 % de ses propres besoins en médicaments, le pays vise désormais le marché européen. Les engrais, l’agroalimentaire et l’électronique figurent également parmi les secteurs à fort potentiel exportateur.

Sur le plan industriel, la coopération est déjà palpable à travers des projets d’envergure :

  • Énergie : La réalisation de la grande raffinerie de Hassi Messaoud par le géant espagnol Técnicas Reunidas.
  • Automobile : Des partenariats stratégiques avec le groupe Stellantis, alors que l’Espagne demeure l’un des principaux fournisseurs de pièces de rechange pour le marché algérien.

Vers un partenariat stratégique de « haute valeur ajoutée »

Cette nouvelle ère économique entre Alger et Madrid se concentre désormais sur le transfert de technologie et la création de valeur ajoutée. En diversifiant les flux et en multipliant les investissements croisés, les deux nations semblent déterminées à transformer ce redémarrage diplomatique en un succès économique durable et mutuellement bénéfique.

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