Alger - Marseille, le réseau de blanchiment d'argent démantelé

samedi 6 juin 2009 à 8:26
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arton127975-43732.jpgLa police française a levé le voile sur une vaste opération de blanchiment de l’argent de la drogue entre Marseille et l’Algérie.

Les fonds générés par le trafic de cocaïne et d’héroïne à Marseille étaient transférés en Algérie et investis dans l’immobilier. Cette affaire intervient alors que les deux commissaires de l’aéroport et du port d’Oran viennent d’être relevés de leurs fonctions.
La décision serait liée au scandale de la fuite de capitaux vers l’Espagne, via les ports et aéroports d’Alger, Oran, Béjaïa, Annaba et Tlemcen, qui fait l’effet boule de neige.

Une centaine de personnes dont des commerçants, hommes d’affaires et trabendistes, sont déjà frappées d’une interdiction de sortie du territoire national avec automatiquement le retrait du passeport.

A Oran, les deux commissaires du port et de l’aéroport, d’où d’importantes sommes en devise auraient transité, ont été relevés et leurs successeurs installés par le patron de la Police des frontières, la semaine dernière.

L’affaire, faut-il le rappeler, a éclaté grâce aux douaniers espagnols qui, inquiets à cause des sommes colossales en devises déclarées par des ressortissants algériens à leur arrivée en Espagne, ont saisi leurs homologues algériens.

Un dossier bien ficelé – avec une liste de personnes, leurs activités, les dates d’entrée, les montants déclarés et parfois les biens achetés sur le sol ibérique – a été transmis à l’administration douanière algérienne et à la Cellule du traitement du renseignement financier (CTRF), relevant du ministère des Finances.

A Alger, sur les 51 personnes citées, 3 ont rejoint l’Espagne par le port d’Alger, et le reste par l’aéroport Houari Boumediène. Au début de l’enquête, 11 étaient inscrits comme ayant transité par le port, alors qu’ils avaient voyagé par l’aéroport.

Deux plaintes ont été déposées par l’administration douanière. L’une au tribunal de Sidi M’hamed contre les 3 personnes qui ont transité par le port d’Alger, et l’autre au tribunal d’El Harrach, contre les 48 qui ont quitté le pays par l’aéroport d’Alger.

A Oran, 42 personnes sont poursuivies par l’administration douanière. Le parquet d’Oran a saisi la brigade économique près la sûreté de wilaya pour entendre l’ensemble des mis en cause, auxquels les passeports ont été confisqués et une mesure d’interdiction de sortie du territoire leur a été affligée.

Les sommes transférées ont atteint 900 millions d’euros entre 2006 et 2008, période où les mouvements se sont multipliés. Jeudi dernier, les autorités françaises ont démantelé un autre réseau de blanchiment d’argent.

Cette fois-ci, il s’agit des fonds générés par le trafic de drogue dure à Marseille, qui ont été transférés vers l’Algérie, pour être investis dans l’immobilier.

L’information rapportée par l’AFP fait état d’une vaste opération de blanchiment d’argent entre Marseille (sud-est de la France) et l’Algérie, mise au jour à la suite du démantèlement, fin mai, d’un trafic de stupéfiants dans le golfe de Saint-Tropez.

Une douzaine de personnes ont été interpellées, mardi dernier, par les services de police, lesquels ont découvert d’importantes sommes d’argent transportées par les suspects.

L’agence, citant des sources policières, a indiqué que des flux de plusieurs dizaines de milliers d’euros ont été dans un premier temps retracés avec l’Algérie et des investissements immobiliers ont ensuite été détectés. Elle a précisé que dans l’affaire du trafic de cocaïne et d’héroïne qui durait depuis 2006 dans le golfe de Saint-Tropez, 20 personnes ont été inculpées et placées sous mandat de dépôt.

Parmi elles, les chefs présumés du réseau, Sofiane Bonour, né à Paris en 1986, condamné déjà à 30 ans de réclusion pour trafic de drogue en Algérie, Ridah Zaïdi, né en 1977, de nationalité tunisienne, et Fayçal Chouabi, né à Annaba (Algérie) en 1973.

Ces opérations de fuite de capitaux et de blanchiment d’argent lèvent le voile sur une défaillance avérée au niveau des services de contrôle aux frontières, d’autant que ce n’est pas la première fois que ces derniers soient informés par des pays étrangers de tels mouvements de capitaux.

Les Emiratis avaient déjà attiré l’attention des Douanes algériennes, sur les montants importants qui sortaient dans des valises pour être acheminées à Dubaï. Il aura fallu que l’affaire de l’Espagne prenne de l’ampleur, notamment par sa prise en charge par la cellule du renseignement financier espagnol, pour que des mesures soient prises.

Si les frontières continuent à être des passoires, l’Algérie risque d’être pointée du doigt par le Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme intergouvernemental qui lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

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