Alger-Doha : Air Algérie rouvre ses réservations vers le Qatar

La liaison entre l’Algérie et le Qatar redevient une réalité. Vendredi, Air Algérie a fait savoir que ses appareils reprendraient le chemin de Doha, mettant fin à une parenthèse de sept mois. La vente des billets a été relancée dans la foulée sur cet axe, un signal attendu par une clientèle habituée à transiter par la capitale qatarie.
« Doha revient… Envolons-nous de nouveau vers elle », a lancé le transporteur national dans son annonce, une formule qui tranche avec la sobriété habituelle des communiqués de compagnies aériennes.
Concrètement, les voyageurs peuvent de nouveau réserver un siège à destination du Qatar depuis Alger. Cette réouverture commerciale précède le retour effectif des appareils sur le tarmac de Hamad International Airport. Elle marque surtout la fin d’une suspension qui aura duré plus d’un semestre.
L’interruption remontait au déclenchement des hostilités visant l’Iran, un épisode qui avait bouleversé l’ensemble des couloirs aériens au-dessus du Golfe. Par précaution, plusieurs dessertes vers l’est avaient été gelées, et la reprise annoncée fin septembre avait elle-même été repoussée sur la ligne Alger-Doha au gré de l’évolution du contexte sécuritaire.
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Sept mois de suspension dictés par la guerre au Moyen-Orient
Le gel de cette desserte n’avait rien d’isolé. Quand les frappes ont embrasé la région, les espaces aériens iranien, irakien et jordanien sont devenus impraticables du jour au lendemain. Les compagnies ont dû dérouter, allonger ou tout simplement annuler.
Pour la compagnie algérienne, la décision concernait un bloc entier de destinations moyen-orientales, d’Amman à Dubaï en passant par Beyrouth. La direction avait alors invoqué le respect des standards de sécurité les plus stricts pour ses passagers comme pour ses équipages. Ce principe a été réaffirmé à chaque prolongation de la mesure.
Le trafic aérien régional a d’ailleurs gardé longtemps les stigmates de cette crise. Les épisodes diplomatiques et militaires successifs, jusqu’à l’escale technique de l’avion présidentiel iranien à Alger, ont rappelé à quel point les routes du ciel dépendent de la géopolitique.
Le retour de Doha dans un ciel algérien en recomposition
Air Algérie n’est pas seule à rebrancher ses lignes. La compagnie de Dubaï a elle aussi rétabli progressivement ses rotations, après avoir confirmé le retour de ses vols entre Dubaï et Alger à la faveur d’une accalmie relative. Téhéran et Damas, en revanche, restent à l’écart des programmes.
Ce redémarrage s’inscrit dans une séquence plus large pour le pavillon national. Le transporteur multiplie depuis plusieurs mois les annonces d’ouverture, avec cinq destinations supplémentaires en Afrique et au Moyen-Orient prévues à partir de la saison hivernale. Koweït City figure notamment parmi les nouvelles escales visées.
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Une desserte stratégique pour les voyageurs algériens
Doha ne se résume pas à une simple escale touristique. L’aéroport qatari sert de plaque tournante vers l’Asie du Sud-Est, l’Océanie et une partie du sous-continent indien. Sa fermeture aux vols algériens obligeait les passagers à passer par Istanbul, Paris ou Le Caire, avec des correspondances plus longues et des tarifs souvent gonflés.
La communauté d’affaires est également concernée. Les échanges économiques entre Alger et Doha se sont intensifiés ces dernières années, et l’absence de vol direct compliquait sérieusement les déplacements professionnels. Le retour de la ligne redonne de la souplesse à ces flux.
Reste la question des fréquences et des tarifs, que la compagnie n’a pas encore détaillées publiquement. Les habitués de la compagnie nationale savent que les grilles évoluent rapidement selon les saisons, comme l’a montré la relance de la liaison vers Valence en Espagne au début de l’été, lancée avec deux rotations hebdomadaires avant montée en puissance.
Avec cette réouverture, l’aéroport d’Alger retrouve un maillon manquant de sa connectivité vers le Golfe. Les prochaines semaines diront si le rythme des vols suffira à absorber une demande restée en suspens pendant sept mois.






