Le gouvernement français a officiellement lancé la réforme de l’Aide médicale d’Etat (AME) via deux nouveaux décrets. L’objectif affiché est double : optimiser les procédures administratives et intensifier les contrôles des fraudes.
Bien que le dispositif soit vivement critiqué par une partie de la scène politique française, l’exécutif maintient son existence pour des impératifs de santé publique. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a plaidé pour une approche rationnelle, défendant une « ligne d’équilibre » qui refuse les positions radicales.
« Ce dispositif (…) est absolument indispensable d’un point de vue sanitaire. Il faut donc le conserver, mais aussi le réformer », a-t-il déclaré.
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Lecornu signe deux décrets de réforme de l’AME
La réforme s’articule autour de deux axes majeurs. D’une part, le renforcement des contrôles de dossiers vise à éradiquer les abus, avec une économie attendue de 180 millions d’euros. D’autre part, la modernisation des services permet de décloisonner l’information : les consulats disposeront désormais d’un accès simplifié aux données nécessaires à l’instruction des demandes. Lecornu justifie cette mise à jour technique par une volonté de « bon sens » face à des procédures jusqu’ici obsolètes.
Le gouvernement français temporise sur la nature des prestations médicales. Si le décret actuel ne réduit pas la liste des soins remboursés, le ministre laisse la porte ouverte à une future réforme. Selon Sébastien Lecornu, si l’idée de restreindre le panier de soins est sur la table, le dossier n’est pas encore assez mûr pour être mis en application immédiatement.
Une accélération du traitement des dossiers grâce à l’intelligence artificielle
Le gouvernement français rejette le « tout ou rien » et choisit la carte de la progressivité. En refusant de supprimer l’AME, il mise plutôt sur une amélioration structurelle. Comme l’a souligné Sébastien Lecornu, la position officielle consiste à protéger l’existence du dispositif tout en admettant l’urgence de le moderniser pour le rendre plus efficace.
Par ailleurs, dans le cadre de l’accélération des procédures administratives, une collaboration entre les ministères de l’Intérieur et de la Fonction publique a été lancée. Le projet consiste à intégrer l’intelligence artificielle dans le traitement des dossiers de séjour. Selon Laurent Nuñez et David Amiel, cette transformation numérique est essentielle pour optimiser le flux des demandes et permettre aux agents de se concentrer sur les missions de contrôle les plus complexes.
Le déploiement de ce nouvel outil débutera par une phase pilote en 2026 au sein de cinq préfectures, prioritairement situées en Île-de-France et dans les Hauts-de-France. Si l’essai est concluant, le système sera étendu à tout le territoire dès 2027. Pour le chef du gouvernement, l’enjeu est avant tout une question de réactivité : l’accélération des décisions, qu’elles soient favorables ou non, constitue le pilier de cette réforme.
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