Aïd el-Fitr en France : Christian Estrosi le maire de Nice refoulé à la prière, l’imam réagit

Aïd el-Fitr en France : Christian Estrosi le maire de Nice refoulé à la prière, l’imam réagit
Christian Estrosi Nice Aid el-Fitr

La célébration de l’Aïd el-Fitr, organisée ce vendredi 20 mars au Palais des expositions de Nice, a été marquée par un incident impliquant le maire de la ville, Christian Estrosi. Selon les organisateurs, l’édile ne figurait pas parmi les invités ; il s’est présenté à l’improviste et les responsables l’ont empêché d’accéder au site, déclenchant une vive controverse avec la municipalité.

Selon Nice-Matin, les organisateurs de l’Union des musulmans des Alpes-Maritimes affirment qu’ils n’ont convié aucun responsable politique, y compris les candidats aux municipales, à la prière de l’Aïd, qui a rassemblé près de 7 000 fidèles au Palais des expositions de Nice.

Malgré cela, Christian Estrosi, candidat à un quatrième mandat, se serait présenté sur place. D’après les mêmes sources, le dispositif de sécurité ne lui a pas permis de franchir l’entrée et l’a contraint à rebrousser chemin.

« Ce n’est pas une prière politique », rappelle l’imam

À l’issue de la prière, l’imam Otmane Aissaoui a tenu à rappeler le caractère strictement religieux de l’événement. « La prière était pour les musulmans, ce n’était pas une prière politique. Chaque musulman est libre de voter pour qui il veut », a-t-il déclaré, dénonçant toute tentative de récupération.

Selon les organisateurs, cette décision s’inscrit dans un contexte de lassitude face à ce qu’ils perçoivent comme une instrumentalisation des fidèles dans le cadre de la campagne municipale, notamment par certains courants politiques.

De son côté, la municipalité de Nice rejette ces accusations. Dans un communiqué, elle affirme que Christian Estrosi était « bien invité comme chaque année » et qu’il a accueilli des participants à l’entrée du site.

Ces versions contradictoires illustrent les tensions croissantes autour de la place du religieux dans le débat public local, à l’approche des élections municipales. Cet épisode intervient dans un climat politique particulièrement tendu à Nice, où les questions liées à la laïcité, à l’identité et à la place des communautés occupent une place centrale dans la campagne.

Au-delà de l’incident lui-même, l’événement met en lumière la volonté affirmée de certains responsables religieux de maintenir une séparation stricte entre la pratique cultuelle et l’expression politique, dans un contexte où chacun scrute et interprète le moindre geste public.

🟢 A LIRE AUSSI : L’Aïd el-Fitr fixé au vendredi 20 mars 2026 dans ces pays

Nice : des milliers de fidèles célèbrent l’Aïd dans un esprit de rassemblement

Des milliers de musulmans ont célébré, vendredi 20 mars 2026, l’Aïd el-Fitr à Nice, marquant ainsi la fin du mois sacré du Ramadan. Principal point de rassemblement, le Palais des expositions de Nice a accueilli près de 7.000 fidèles selon les organisateurs.

Organisée par l’Union des musulmans des Alpes-Maritimes, cette grande prière collective s’est déroulée dans un climat de recueillement et de fraternité. Dans son prêche, l’imam Otmane Aissaoui a insisté sur l’importance du vivre-ensemble, appelant les fidèles à « faire entendre leur voix pour le vivre-ensemble aujourd’hui et demain ».

Un message qui s’inscrit dans un contexte où la communauté musulmane locale entend affirmer sa place dans la société niçoise.
Au-delà du Palais des expositions, d’autres lieux de culte ont également été fortement mobilisés. La mosquée En Nour, située dans la Plaine du Var, a dû organiser deux offices successifs afin d’accueillir tous les fidèles. Même affluence dans plusieurs quartiers de la ville, notamment à la salle Attaqwa aux Moulins ou encore dans le secteur de La Madeleine.

Dans le centre-ville, rue Reine Jeanne, la communauté tchétchène s’est elle aussi rassemblée pour célébrer cette fête marquant la rupture du jeûne. Partout, les fidèles ont vécu l’Aïd comme un moment de partage et de spiritualité, marquant la fin d’un mois d’effort religieux intense.

Selon Nice-Matin, cette forte mobilisation témoigne de l’ancrage de cette célébration dans la vie locale. Entre prières collectives, messages de paix et rencontres communautaires, cette journée a rassemblé des milliers de fidèles autour de valeurs communes de solidarité et de fraternité.