Aïd El-Adha : ne jetez plus vos peaux de mouton, elles valent de l’or pour l’économie

Aïd El-Adha : ne jetez plus vos peaux de mouton, elles valent de l’or pour l’économie

Chaque année lors de l’Aïd El-Adha, des millions de peaux de moutons finissaient à la poubelle, un immense gâchis pour l’économie algérienne. Mais la tendance s’inverse brutalement. En quelques années, la quantité de cuirs récupérés et transformés par nos usines a plus que doublé. Alors que l’État vise la barre historique des 50% de peaux recyclées cette année, comment un simple geste citoyen après le sacrifice est-il en train de révolutionner l’industrie locale et de réduire massivement nos importations ?

À l’approche de l’Aïd El-Adha, le ministère de l’Industrie se mobilise pour la septième année consécutive autour de la campagne nationale de collecte des peaux de sacrifice. Invité ce lundi de l’émission « L’Invité de la matinée » sur la Chaîne 1 de la Radio nationale, Mokdad Aggoun, chargé de synthèse et d’études au cabinet du ministre de l’Industrie, a souligné l’impact crucial de cette opération pour le développement et la modernisation de la filière nationale du cuir.

Cette initiative citoyenne et économique vise directement à augmenter la part des matières premières locales de qualité intégrées dans les chaînes de production nationales.

Résultats en nette progression vers le seuil des 50 %

Grâce aux campagnes de sensibilisation menées depuis plusieurs années, la qualité des peaux récupérées s’est considérablement améliorée. Mokdad Aggoun a ainsi dévoilé des indicateurs chiffrés particulièrement encourageants :

  • En 2018 : À peine 16 % des peaux collectées étaient exploitables par les tanneries.
  • En 2025 : Ce taux de conformité a grimpé pour atteindre 36 %.
  • Objectif 2026 : Le ministère ambitionne de franchir un nouveau cap cette année en ciblant un taux de 45 % à 50 % de peaux exploitables, ce qui permettrait d’injecter directement la moitié des cuirs récupérés dans l’industrie manufacturière.

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Synergie intersectorielle et citoyenne

Le succès d’une opération d’une telle envergure repose sur une coordination rigoureuse. Le représentant du ministère a précisé que la campagne est menée main dans la main avec plusieurs départements ministériels, à savoir l’Intérieur et les Collectivités locales, les Affaires religieuses, l’Environnement, la Santé, ainsi que l’Agriculture. À cette logistique étatique s’ajoute également l’implication indispensable des acteurs de la société civile et des Scouts musulmans algériens (SMA), en première ligne pour sensibiliser les citoyens aux bonnes pratiques d’écorchage et de salage.

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Cap sur la souveraineté industrielle et la substitution aux importations

Cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision stratégique globale insufflée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. Cette politique vise à asseoir une véritable souveraineté industrielle en bâtissant une base économique solide, capable de répondre aux besoins des citoyens avec des produits locaux de haute qualité. En valorisant ces ressources brutes, l’Algérie accélère la diversification de son économie tout en réduisant de manière significative sa facture d’importation de produits finis ou semi-finis.

Le secteur du cuir s’impose ainsi, année après année, comme l’un des piliers majeurs de la transition économique du pays, transformant un rituel social et religieux en une opportunité industrielle à forte valeur ajoutée.

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