Le ministre de l’Agriculture, Yacine Oualid, a présidé une réunion de coordination consacrée à la mise en œuvre des instructions du Président de la République relatives à l’importation d’un million de têtes de moutons en prévision de l’Aïd El-Adha.
Selon un communiqué du ministère, cette rencontre a mis l’accent sur la nécessité de tirer les enseignements de l’expérience de 2025, afin d’améliorer la gestion de l’opération et de corriger les insuffisances enregistrées lors de la précédente campagne. L’objectif affiché est de garantir une disponibilité suffisante des moutons tout en assurant la transparence et l’efficacité du processus.
Dans ce cadre, il a été décidé de diversifier les pays fournisseurs et de conclure de nouveaux accords sanitaires, afin de sécuriser les approvisionnements et de répondre aux normes vétérinaires en vigueur.
Renforcement des contrôles et implication des acteurs concernés
Afin d’assurer le bon déroulement de l’opération, les autorités ont également décidé de recourir à des navires spécialisés dans le transport du bétail, garantissant de meilleures conditions sanitaires lors de l’acheminement.
Des équipes techniques spécialisées seront dépêchées immédiatement vers les pays exportateurs pour vérifier les garanties sanitaires fournies, tandis que le nombre de centres de quarantaine sera doublé par rapport à l’année précédente.
Le dispositif prévoit en outre l’implication du secteur privé dans le transport des moutons depuis les ports vers l’ensemble des wilayas, ainsi que la mise en place de nouveaux mécanismes pour encadrer et organiser la vente.
Enfin, une commission nationale, regroupant les secrétaires généraux des secteurs concernés, a été installée pour assurer le suivi, la coordination et la supervision globale de cette opération stratégique.
L’Aïd El-Adha, une fête au cœur de l’islam
L’Aïd El-Adha, également appelé Aïd al-Kébir ou fête du sacrifice, est l’une des deux principales fêtes de l’islam. Elle commémore l’épisode coranique au cours duquel le prophète Ibrahim accepte de sacrifier son fils par obéissance à Dieu, avant que ce sacrifice ne soit remplacé par un animal.
Célébrée chaque année le 10ᵉ jour du mois de Dhou al-Hijja, dernier mois du calendrier hégirien, l’Aïd El-Adha coïncide avec la période du pèlerinage à La Mecque (Hajj). À cette occasion, les fidèles musulmans qui en ont les moyens sacrifient un mouton, une chèvre, un bœuf ou un chameau. La viande est ensuite partagée entre la famille, les proches et les personnes dans le besoin, renforçant ainsi les valeurs de solidarité, de partage et de cohésion sociale.
En Algérie, l’Aïd El-Adha revêt une dimension particulière. Il s’agit non seulement d’un événement religieux majeur, mais aussi d’un moment central de la vie sociale, marqué par de fortes dépenses des ménages, une mobilisation logistique importante et une implication directe des pouvoirs publics.
L’Aïd El-Adha 2025 en chiffres et en enjeux
En 2025, l’Aïd El-Adha a une nouvelle fois mis en lumière l’ampleur de l’événement à l’échelle nationale. Selon les estimations des services concernés, plus de 4 millions de têtes ovines ont été concernées par le sacrifice à travers le pays, confirmant l’importance du cheptel ovin dans l’économie agricole algérienne.
Cette même année, l’État a procédé à une opération d’importation exceptionnelle de moutons, visant à renforcer l’offre sur le marché et à limiter la flambée des prix. Cette démarche s’inscrivait dans un contexte marqué par la hausse des coûts de production, les effets du changement climatique et la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
L’Aïd El-Adha génère également une activité économique intense :
- des milliers d’éleveurs mobilisés,
- des dizaines de points de vente temporaires ouverts à travers les wilayas,
- une forte sollicitation des services vétérinaires,
- et une mobilisation accrue des collectivités locales pour la gestion sanitaire et environnementale des déchets.
En 2025, les autorités ont renforcé les mesures sanitaires, notamment les contrôles vétérinaires avant et après le sacrifice, ainsi que les dispositifs de collecte des déchets issus de l’abattage, afin de prévenir tout risque pour la santé publique.
Au-delà de l’aspect économique, l’Aïd El-Adha demeure un marqueur social fort, révélateur des inégalités mais aussi des mécanismes de solidarité familiale et communautaire, à travers le don et le partage de la viande.
