L’opération d’importation des moutons pour l’Aïd El Adha 2026 passe à la vitesse supérieure. Avec un objectif ambitieux d’un million de têtes et un prix plafonné à 50 000 DA, les autorités déploient une logistique sans précédent pour tirer les leçons du passé et garantir un sacrifice accessible à tous les ménages.
Après une année 2025 marquée par des tensions sur l’offre et une organisation jugée insuffisante, l’État algérien a décidé de frapper fort. Ce programme national, qui ne se veut plus une simple mesure conjoncturelle, est un véritable test de régulation du marché face à la spéculation.
Un pont maritime entre l’Europe, l’Amérique latine et l’Algérie
Depuis le 26 mars dernier, les ports nationaux vibrent au rythme des arrivages. La stratégie de diversification des sources est claire : Espagne, Roumanie, mais aussi Brésil et Uruguay sont mis à contribution pour atteindre le quota fixé.
- Port d’Alger : Accueil des premières cargaisons dès le 26 mars.
- Port de Béjaïa : Réception de 6 560 têtes en provenance de Roumanie le 30 mars.
- Port d’Oran : Une plaque tournante majeure avec l’arrivée du navire « Anakin » et de deux autres bâtiments transportant 17 250 ovins roumains, suivis d’une cargaison de 7 000 têtes espagnoles.
Selon Mohamed Belaoun, Directeur général de l’Office régional des viandes de l’Ouest (ORVO), une mobilisation totale des inspecteurs vétérinaires et des autorités portuaires a été décrétée pour garantir un transit fluide et sécurisé.
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Sécurité sanitaire : La règle de la « Double Surveillance »
Pour rassurer les consommateurs, le ministère de l’Agriculture a instauré un protocole sanitaire draconien. Chaque bête subit une double inspection : la première dans le pays d’origine et la seconde dès le débarquement sur le sol national.
Une fois les contrôles validés, le bétail est acheminé par camions spécialisés vers des centres de quarantaine et de regroupement (notamment à Oran), préparés avec toutes les commodités (fourrage, eau, suivi médical permanent) avant leur distribution.
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Prix plafonné à 50 000 DA : Un rempart contre la spéculation
L’annonce phare de cette saison est le plafonnement du prix de l’agneau importé à 50 000 DA. Cette mesure vise directement à protéger le pouvoir d’achat et à instaurer un prix de référence sur le marché local, souvent soumis à la loi des intermédiaires.
Pour éviter les dérives de 2025, où une partie du bétail importé avait été détournée de son circuit initial, les autorités misent cette année sur :
- La Numérisation : Un suivi électronique des lots de l’arrivée au point de vente.
- La Régulation Temporelle : Une accélération des importations dès la première semaine d’avril, devant s’achever au plus tard le 20 mai 2026.
- La Transparence : Une coordination intersectorielle pour assurer que le mouton arrive bien chez le citoyen au prix convenu.
Le véritable enjeu de l’Aïd 2026 dépasse la simple logistique. Il s’agit de restaurer la confiance du citoyen dans les mécanismes de régulation de l’État. En corrigeant les failles organisationnelles de l’an dernier et en occupant massivement le terrain dès le printemps, les pouvoirs publics espèrent stabiliser durablement un marché traditionnellement volatil.
L’accélération prévue durant tout le mois d’avril sera l’indicateur clé de la réussite de ce pari économique et social.
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