Le professeur Ahmed Keroumi, 53 ans, enseignant universitaire, militant du MDS et membre de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie, le CNCD-Oran, a été enterré, aujourd’hui, en fin d’après-midi à Oran, au cimetière de Dar el Beïda, en présence d’une foule nombreuse venue lui rendre un dernier hommage.
Les premiers résultats de l’autopsie indiquent que le corps ne porterait pas de tracs de coups de couteaux. Les résultats de cette autopsie seront connus, sous toutes réserves, dans trois à quatre jours.
La famille, les amis, les collègues, étudiants et anciens militants de l’ex PAGS qui ont fait le déplacement d’autres wilayas, ont assisté à la cérémonie religieuse avant la mise sous terre. Excepté la présence du recteur de l’université d’Essania, les autorités officielles ont brillé par leur absence, ajoute notre source.
Auparavant, sur insistance des membres de sa famille, la dépouille mortelle a été acheminée de la morgue de l’hôpital d’Oran pour être déposée au domicile familial pour un dernier regard. La dépouille de la victime a été recouverte par le drapeau national avant de prendre le chemin du cimetière.
Porté disparu le 19 avril dernier, le corps sans vie d’Ahmed Keroumi a été découvert samedi 23 avril, vers les coups de 12h30, au siège local du MDS dans la rue de Chanzy, une venelle perpendiculaire à l’avenue Adda Benaouda,à Hai Sid el Bachir, ex les Plateaux.
N’ayant plus donné signe de vie depuis mardi dernier, sa disparition avait suscité émoi, consternation et interrogations au sein de sa famille, de l’université, de la classe politique oranaise ainsi qu’auprès de l’opinion publique.
Deux jours après, la mort de cet universitaire continue de susciter moult spéculations.
Interrogée peu de temps après la nouvelle de la mort de son mari, l’épouse d’Ahmed Keroumi qui s’est rendue sur les lieux du crime a affirmé que celui-ci a été assassiné après avoir été enlevé. L’épouse a également indiqué avoir pris des photos de la dépouille.
« Mon mari a été assassiné, a-t-elle déclaré à notre confrère Radio Kalima. Ils sont entrain de cacher son assassinat. Dites le au monde entier. Je vous demande de rendre cette information publique pour que le monde sache que mon mari a été assassiné…Mon mari restera toujours vivant pour moi et pour mes enfants…»
Si les différentes versions qui circulent actuellement sur la mort d’Ahmed Keroumi excluent l’hypothèse d’une mort naturelle, rien ne permet aujourd’hui de privilégier une thèse plutôt qu’une autre. Crime crapuleux ou assassinat politique, rien, absolument rien ne permet aujourd’hui de privilégier une thèse plutôt qu’une autre.
Interrogé aujourd’hui sur cette affaire, le ministre de l’Intérieur a indiqué d’une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de ce crime.
« L’enquête est diligentée immédiatement, c’est le fait de l’action publique, a affirmé le ministre. Le ministère de l’Intérieur n’a pas besoin de diligenter une enquête, c’est le fait du procureur. C’est ce qu’il a fait et l’enquête est en cours. Nous espérons fortement que les faits soient très rapidement élucidés et une solution soit trouvée. »
Selon des sources proches de l’enquête contactées par DNA, les résultats de l’autopsie du corps, effectuée ce matin, ne seraient connues que dans trois, voire quatre jours.
En attendant les analyses toxicologiques, nos informations indiquent que si le mort d’Ahmed Keroumi n’a rien de naturel, en revanche son corps ne présenterait pas de trace de coups de couteau. Toutefois, des traces d’hématomes auraient été décelées sur des parties du corps, mais leurs origines n’ont pas encore été déterminées.
Le corps de la victime a été découvert par un militant du MDS, passé au bureau pour une affaire administrative. Il aurait été trouvé allongé sur le ventre.
Une autre version a circulé, aujourd’hui, imputant la mort de l’enseignant à un coup reçu à l’arrière de son crâne, lui causant une hémorragie interne.
Ahmed Keroumi serait passé, mardi dernier, au siège du parti et qu’un ou plusieurs individus l’auraient suivi pour lui voler sa voiture neuve, une Peugeot noire immatriculée, probablement à Oran.
Le ou les agresseurs lui auraient asséné un coup derrière la tête le laissant pour mort.
Toutefois, de nombreux confrères algériens indiquent que la victime avait reçu un ou plusieurs coups de couteaux.
La dernière fois où la victime avait été vue, c’était dans la matinée du mardi 19 avril au niveau du Centre de recherches en anthropologie sociale et culturelle d’Oran où il préparait un séminaire prévu le lendemain, mercredi.
Une plainte pour disparition a été déposée une journée plus tard par son épouse. L’enquête en cours et les résultats de l’autopsie détermineront les causes exactes du décès de l’enseignant-chercheur.