Affrontements, morts, blessés, tireurs embusqués…, l’egypte au bord de la guerre civile

Affrontements, morts, blessés, tireurs embusqués…, l’egypte au bord de la guerre civile

egypte.jpgL’Egypte enregistre un huitième décès, dont un ressortissant américain, avant même la tenue de la grande manifestation prévue aujourd’hui, réclamant le départ de Morsi. Ce qui justifie les craintes du pire. Le président égyptien issu des frères musulmans d’Egypte, probablement paniquant à l’approche de la date du 30 juin 2013, avait tenté de désamorcer la crise par le biais d’un discours.

Un discours qui n’a finalement réussi qu’à renforcer la détermination de ses opposants. Et pour cause ! Le président Morsi a, dans ce discours, carrément menacé ses opposants de les traduire en justice militaire, tout en tentant de faire gagner l’armée égyptienne à sa «cause».

Recourant aux menaces, le président égyptien n’était pas à ses premières bévues puisque quelques jours auparavant, il avait appelé les Egyptiens à aller faire le «djihad» en Syrie et, donc, renforcer les rangs des terroristes en terre syrienne.

L’opposition égyptienne qui dénonce, notamment, la politique étrangère du président islamiste Morsi, a appelé à une grande manifestation aujourd’hui, réclamant le départ de l’actuel chef d’Etat égyptien.

La date d’aujourd’hui coïncide, est-il noté, avec le premier anniversaire de l’investiture de Morsi qui a irrité une large frange du peuple égyptien par la prise de décisions dénoncées et critiquées, dont la nomination récente de 17 gouverneurs, dont plusieurs issus du parti des frères musulmans d’Egypte et d’un autre appartenant au même courant que celui des auteurs des attentats perpétrés en Egypte contre des touristes, il y a des années.

Le président Morsi est également accusé par ses opposants de «gérer le pays par une main de fer» voire de façon «dictatoriale» et de «livrer le pouvoir et l’Egypte aux frères musulmans».

Sur le terrain, les affrontements font rage entre opposants et pro Morsi. La place Tahrir, connue pour avoir été le point de départ du soulèvement populaire qui a conduit à la chute de Hosni Moubarak, est occupée par les manifestants avant même la manifestation d’aujourd’hui. Ils y ont dressé des dizaines de tentes, comme lors de la «première révolution».

L’armée a indiqué qu’elle s’était déployée dans les provinces pour renforcer la protection des installations vitales, en cas de graves dérapages.

Les frères musulmans auxquels appartient le président Morsi crient au «coup d’Etat», refusant que ce dernier mette fin à son mandat.

Ils se trouvaient toujours rassemblés hier par milliers devant la mosquée Rabaa al-Adawiya, à Nasr City, un faubourg de la capitale, où ils s’étaient déjà rassemblés en masse la veille pour soutenir la «légitimité» du président démocratiquement élu.

Ils accusent les opposants de Morsi d’être «minoritaires». Un mouvement anti-Morsi, Tamarrod (rébellion), à l’origine des appels à manifester dimanche a, pour prouver le contraire, revendiqué quelque 22 millions de signatures pour une pétition appelant à une présidentielle anticipée.

Les responsables de Tamarrod soulignent que cela représente plus que le nombre des électeurs du président Morsi l’an dernier (13,23 millions), mais le camp présidentiel met en avant que cette pétition n’a pas de valeur constitutionnelle et ne peut remplacer une élection.

En clair, les opposants de Morsi réclament le départ «dans les plus brefs délais» de l’actuel président dont le mandat expire en juin 2016 et ce dernier refuse de quitter le pouvoir avant cette date.

Les divisions au sein du peuple égyptien s’accentuent. Les affrontements gagnent en gravité. Plusieurs ambassades ont affirmé que leurs bâtiments seraient fermés au public dimanche, jour de la mobilisation anti-Morsi, et diffusé des consignes de prudence à leurs ressortissants, est-il rapporté.

Ambassades fermées aujourd’hui

Certaines compagnies étrangères ont appelé leurs salariés expatriés ou leurs familles à partir, ou à résider par précaution dans des hôtels du Caire proches de l’aéroport.

La crainte d’une aggravation de la crise provoque en outre depuis plusieurs jours une ruée des automobilistes vers les stations-services, et pousse de nombreux Egyptiens à faire des provisions. Le carburant manque.

Les opposants de Morsi sont catégoriques en disant que «la crise de carburant est provoquée par Morsi pour nous empêcher de nous déplacer en vue de notre participation à la grande manifestation réclamant son départ».

Le président égyptien a, dans son discours prononcé il y a quelques jours, imputé cette «pénurie» de carburant en Egypte à des «puissances d’intérêts».

Lors des violences cette semaine, principalement à Alexandrie et dans le delta du Nil, huit personnes ont péri, dont une a succombé samedi à ses blessures. L’Américain tué alors qu’il prenait des photos à Alexandrie, Andrew Pochter, 21 ans, travaillait pour une organisation non-gouvernementale.

Des locaux du Parti de la liberté et de la justice, parti politique des Frères musulmans, ont également été attaqués par des manifestants hostiles dans plusieurs localités du delta.

En parallèle, des actes criminels se déroulent en terre égyptienne, faisant davantage de victimes, constituant un prolongement aux atrocités commises par les terroristes de «Djabhat Al Nosra» (Front Al Nosra) et leurs complices en Syrie, quand quatre personnes ont été torturées avant d’être brûlées vives, pour la simple raison qu’elles sont chiites.

Un crime qui semble avoir été encouragé par le président Morsi qui a appelé les Egyptiens au «djihad» en Syrie, sans condamner les graves exactions et crimes inqualifiables perpétrés par les terroristes et autres «djihadistes» en terre syrienne.

Mounir Abi