Le tribunal de Cheraga a condamné, ce dimanche matin, l’influenceuse Maya Redjil à une amende de 50 000 DA, assortie de l’obligation de verser 50 000 DA de dommages et intérêts à sa collègue Ahlam Amouri, dans une affaire de diffamation. Dans un second dossier, la prévenue a écopé de six mois de prison avec sursis et de 50 000 DA d’amende, en plus d’un dédommagement identique au profit de la même plaignante, pour diffamation et menaces.
Maya Redjil, connue comme influenceuse sur les réseaux sociaux, était poursuivie dans deux affaires liées à des accusations de diffamation et de menace. Ces procédures font suite à une plainte déposée par l’autre influenceuse Ahlam Amouri, qui l’accuse d’avoir porté atteinte à son honneur en remettant en cause la filiation de sa fille, lors des funérailles de son défunt mari, ainsi que de l’avoir insultée et menacée dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.
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L’action publique a été engagée après la plainte d’Ahlam Amouri. Cette dernière a affirmé que l’accusée l’avait insultée et diffamée à travers des vidéos largement relayées en ligne. Dans l’une d’elles, tournée lors de la cérémonie funéraire en présence de membres de la famille du défunt, Maya Redjil évoquait la nécessité d’un test ADN pour la fille de la plaignante, insinuation que celle-ci a qualifiée d’atteinte grave à son honneur. D’autres vidéos comportant des propos menaçants ont également été versées au dossier.
Défense et réponses à la plainte
Lors de l’audience du 17 novembre dernier, la plaignante a expliqué que l’accusée avait profité de son retour de Dubaï pour assister aux funérailles de son mari. Elle avait, ce jour-là, tenu des propos portant gravement atteinte à sa dignité et à celle de sa fille âgée de deux ans. Elle affirme que ces accusations ont été reprises par plusieurs chaînes de télévision, y compris étrangères.
Pour sa défense, Maya Redjil a déclaré que l’affaire remonte à 2022, lorsque la plaignante lui avait demandé de l’aider à entrer dans le monde des réseaux sociaux, ce qu’elle avait accepté par amitié. Elle affirme ensuite qu’Ahlam Amouri lui avait demandé de diffuser une vidéo évoquant un enfant décédé, demande qu’elle aurait refusée. L’accusée soutient que la plaignante aurait fait filmer son mari dans son linceul ainsi qu’une réunion familiale lors de la veillée funèbre, et que c’est elle-même qui aurait publié ces vidéos. Elle a assuré que la plainte était motivée par la volonté de la plaignante de “gagner en notoriété” auprès de ses quatre millions d’abonnés.
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Décision judiciaire et suites
Le défenseur de la plaignante a demandé l’application stricte de la loi, rappelant que les éléments de l’enquête de la gendarmerie nationale confirment que dix vidéos incriminées proviennent des comptes officiels de l’accusée sur Facebook et Instagram. Il a réclamé 2 millions de dinars de dommages pour les préjudices moral et social subis.
Pour sa part, l’avocate de la défense a contesté la validité du disque contenant les vidéos, soulignant qu’elle n’avait obtenu qu’une copie comportant neuf vidéos et estimant que le dossier reposait sur des preuves “non conformes”. Elle a réaffirmé que sa cliente n’avait ni publié les vidéos ni proféré de menaces, et a demandé l’acquittement pour absence de preuves.
Le représentant du parquet avait requis un an de prison ferme et 50 000 DA d’amende pour chaque affaire. Le tribunal a finalement rendu le verdict mentionné ci-dessus.
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