En visite officielle à la République Fédérale d’Allemagne depuis hier le 15 juillet, Abdelmadjid Tebboune a tenu ce 16 juillet une conférence de presse conjointe avec le chancelier Friedrich Merz. Une séquence très attendue, qui a livré plusieurs déclarations marquantes : refus de s’exprimer sur le journaliste Christophe Gleizes en dehors du territoire algérien, réaffirmation d’un partenariat bilatéral solide depuis 1962, et annonce d’un projet médical ambitieux dans le domaine des cellules géniques. Le président a également ouvert sa prise de parole par une pensée pour les victimes du drame survenu à Alger.
Tebboune rend hommage aux victimes de l’incendie de l’orphelinat
Le chef de l’État a choisi de débuter son intervention en rendant hommage aux orphelins victimes de l’incendie qui a ravagé l’Etablissement de l’enfance assisté à Mohammadia. Une façon de signifier que, même en déplacement officiel à l’étranger, la tragédie nationale prime sur le protocole diplomatique.
« Je rends hommage aux victimes de l’incendie survenu à l’Etablissement de l’enfance assistée à Mohammadi. Je souhaite un prompt rétablissement aux blessés de cet incident grave », a-t-il déclaré, avant d’aborder les sujets bilatéraux. Ce geste d’ouverture, sobre et solennel, a donné le ton d’une conférence de presse où le président algérien a tenu à maîtriser chaque mot.
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L’affaire Gleizes : Tebboune oppose une fin de non-recevoir à la presse internationale
Sur le cas du journaliste français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie pour « apologie du terrorisme », Tebboune a été catégorique. « Par respect pour la justice algérienne, je refuse de répondre en dehors de l’Algérie à cette question », a-t-il affirmé, coupant court à toute tentative d’instrumentalisation de ce dossier sur la scène internationale.
Cette position était prévisible. Depuis l’annonce de la visite à Berlin, les espoirs d’une grâce présidentielle en faveur de Gleizes s’étaient intensifiés côté français, avec des contacts actifs menés par Reporters sans frontières auprès des chancelleries allemande et espagnole. Le président algérien a donc choisi de fermer cette porte, du moins publiquement, en invoquant la souveraineté de l’institution judiciaire nationale.
Arrêté en mai 2024 à Tizi-Ouzou lors d’un reportage sur la JS Kabylie, Gleizes avait été condamné en juin 2025, une peine confirmée en appel en décembre de la même année. L’affaire continue d’alimenter les tensions entre Paris et Alger, dans un contexte où les relations franco-algériennes restent sous haute surveillance diplomatique.
« De 1962 à aujourd’hui » : Tebboune célèbre 64 ans de relations algéro-allemandes sans nuage
Sur le fond du partenariat bilatéral, le président a dressé un tableau particulièrement flatteur. « Notre relation avec l’Allemagne, depuis notre indépendance en 1962 jusqu’à aujourd’hui, est une relation forte et saine qui n’a connu aucun conflit, et elle va de mieux en mieux », a-t-il souligné.
Une formule qui contraste volontairement avec la turbulence des relations algéro-françaises, et qui souligne la nature singulière du lien entre Alger et Berlin. Tebboune a également justifié sa présence en Allemagne par le niveau atteint par les deux pays : « Je considère que ma présence aujourd’hui en Allemagne est tout à fait naturelle, compte tenu du niveau politique, économique et de concertation qui existe actuellement entre l’Algérie et l’Allemagne. »
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Un institut de cellules géniques : l’Algérie mise sur l’expertise médicale allemande
Parmi les annonces concrètes, celle relative à la médecine de pointe a retenu l’attention. Tebboune a confirmé la pose récente de la première pierre d’un institut de traitement par cellules géniques, sis à Rahmania, un domaine dans lequel l’Allemagne figure parmi les nations les plus avancées au monde. « Nous voulons bénéficier de son expérience pionnière », a-t-il précisé.
Cette initiative s’inscrit dans une logique plus large de transfert de compétences, qui dépasse désormais le seul secteur énergétique. Lors de cette visite d’État à Berlin consacrée aux grands dossiers algéro-allemands, les deux délégations ont également planché sur l’hydrogène vert via le mégaprojet SoutH2, la première livraison de GNL algérien vers l’Allemagne ayant déjà eu lieu début juillet, ainsi que sur les partenariats industriels dans l’automobile et la pharmacie.
Plus d’une cinquantaine d’entreprises allemandes sont déjà solidement implantées en Algérie. Une trentaine d’accords bilatéraux supplémentaires étaient en cours de finalisation lors du forum économique bilatéral organisé en marge de cette visite, confirmant que l’axe Alger-Berlin s’est imposé comme un pilier de la diplomatie économique algérienne.
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