La cour de Falaoucen, à Oran, a condamné hier le 21 avril, par contumace, l’écrivain franco-algérien Kamel Daoud à trois ans de prison ferme, assortis d’une amende de 5 millions de dinars.
Cette décision intervient suite à une plainte déposée par Saâda Arbane, qui accuse l’auteur d’avoir exploité son histoire personnelle en tant que victime du terrorisme dans son dernier roman intitulé Houris, en s’appuyant notamment sur son dossier médical, auquel a eu accès l’épouse de l’écrivain dans le cadre de son travail au service des maladies neurologiques à Oran.
Les accusations de Saâda Arbane : Exploitation de l’histoire personnelle et violation du secret professionnel
La plainte vise également l’épouse de l’auteur, médecin psychiatre, poursuivie pour divulgation de secrets professionnels concernant l’une de ses patientes. La divulgation de secrets médicaux est une infraction grave, punie par la loi, et l’affaire met en lumière les tensions entre la liberté artistique et le respect de la vie privée.
Saâda Arbane affirme que le roman « Houris » reprend des éléments clés de son vécu, notamment l’extermination de sa famille, la plongeant dans un profond traumatisme. Elle considère que cette exploitation de son histoire constitue une violation de sa dignité et de son droit à l’intimité.
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Réaction de Kamel Daoud : Une application des lois sur la réconciliation nationale
De son côté, Kamel Daoud a réagi à ce jugement sur sa page personnelle, affirmant que la décision s’inscrivait dans le cadre de l’application des lois relatives à la réconciliation nationale et à la tragédie nationale. Il perçoit cette condamnation comme une tentative de museler son travail et de l’empêcher d’aborder des sujets sensibles liés à l’histoire de l’Algérie.
« Fait unique dans l’histoire algérienne : le verdict du procès du 7 avril 2026 est tombé le 21 avril courant.
Je suis condamné à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende, en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale« , a-t-il écrit sur la plateforme X.
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Fait unique dans l’histoire algérienne : le verdict du procès du 7 avril 2026 est tombé le 21 avril courant.
Je suis condamné à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende, en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. pic.twitter.com/oySQCNFgGI— kamel DAOUD (@daoud_kamel) April 22, 2026
Polémique autour du Prix Goncourt : Similitudes troublantes entre le roman et l’histoire de la plaignante
Cette affaire avait suscité une vive polémique l’an dernier, notamment après que l’écrivain a reçu le prestigieux Prix Goncourt en France pour ce roman. La controverse entourant le Prix Goncourt a amplifié l’attention médiatique sur l’affaire et a contribué à polariser l’opinion publique.
La plaignante avait alors mis en avant une similitude frappante, voire quasi totale, entre les événements qu’elle affirme avoir vécus dans son enfance, marquée par l’extermination de sa famille dont elle est l’unique survivante, et l’intrigue développée dans l’ouvrage. Cette similarité est au cœur du litige et constitue l’élément central de l’accusation portée contre l’auteur.
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