Affaire du moudjahid Maâmar Chorfi : deux suspects inculpés et placés en détention provisoire

Affaire du moudjahid Maâmar Chorfi : deux suspects inculpés et placés en détention provisoire
Le moudjahid Maâmar Chorfi à l’hôpital

La justice algérienne a franchi une étape décisive dans l’une des affaires criminelles les plus bouleversantes de ces dernières semaines. Ce mercredi, le parquet de la République près le tribunal de Chéria, dans la wilaya de Tébessa, a rendu public un communiqué officiel détaillant les charges retenues contre les deux individus soupçonnés d’avoir attaqué le moudjahid Maâmar Chorfi, 96 ans, à son domicile. L’agression, commise dans la nuit du 2 juillet, a coûté la vie à sa fille Naima Chorfi, âgée de 53 ans, poignardée à l’arme blanche. Le vieil homme, lui, demeure hospitalisé dans un état grave.

Les faits reconstitués par l’enquête judiciaire

Selon le communiqué du parquet, les investigations préliminaires menées par les services de la police judiciaire de la circonscription de Chéria ont permis d’établir le mobile et le déroulement de l’attaque. Les deux suspects se sont introduits dans le domicile des victimes dans le but de dérober une somme d’argent ainsi que des bijoux. Surpris par les occupants, ils ont alors fait usage d’armes blanches, infligeant des blessures d’une extrême gravité aux deux personnes présentes. Naïma Chorfi a succombé à ses blessures. Son père, le vétéran de la guerre de Libération nationale, a été transporté d’urgence à l’hôpital où il se trouve toujours en soins.

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Les enquêteurs ont procédé à l’interpellation de deux suspects. Le premier, Chorfa Taha, est âgé de 22 ans. Le second, Messaâdia Hassan, a 57 ans. Présentés ce mercredi devant le parquet, ils ont ensuite été déférés devant le juge d’instruction.

Inculpation pour assassinat et vol à main armée : les charges retenues

L’instruction judiciaire a été ouverte sur la base de plusieurs qualifications pénales cumulées, toutes constitutives de crimes graves. Les deux mis en cause répondent de formation d’association de malfaiteurs en vue de préparer des crimes, d’assassinat, de tentative d’assassinat, ainsi que de vol à main armée avec port d’armes apparentes. Ces chefs d’inculpation reflètent la volonté du parquet de qualifier l’acte dans toute sa dimension criminelle, sans minimiser la préméditation apparente qui ressort des premiers éléments du dossier.

Après leur audition par le juge d’instruction, les deux prévenus ont fait l’objet d’un mandat de dépôt. Chorfa Taha et Messaadia Hassan sont désormais placés en détention provisoire dans l’attente de la suite de la procédure.

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Un crime qui a provoqué une onde de choc nationale

L’agression du 2 juillet avait immédiatement suscité une vague d’indignation à travers tout le pays. Survenue à quelques jours du 5 Juillet, date anniversaire de l’Indépendance, elle avait frappé les consciences avec une violence symbolique particulière. Blesser un ancien combattant de l’ALN dans sa propre maison, tuer sa fille pour lui voler ses économies et ses bijoux : le crime avait quelque chose d’insupportable pour l’opinion publique.

Dès la révélation des faits, la famille révolutionnaire de la commune de Chéria avait publié un communiqué de condamnation, qualifiant l’acte de « lâche et ignoble » et réclamant des sanctions exemplaires. Les réseaux sociaux avaient été submergés par des messages de solidarité, tandis que des photos du moudjahid hospitalisé, le visage marqué par les coups, avaient amplifié l’émotion collective.

Né en 1930, Maâmar Chorfi avait rejoint les rangs de l’ALN en 1957 depuis la région d’Ouled Abla. Blessé à plusieurs reprises durant la guerre de Libération, il reste l’une des figures les plus respectées de Chéria. Ce crime rappelle, hélas, d’autres faits divers tragiques impliquant des personnes âgées vulnérables, comme l’affaire d’une femme de ménage écrouée pour le vol de bijoux appartenant à une vieille dame, ou encore le meurtre d’un nonagénaire par son propre petit-fils à Béjaïa en janvier dernier, deux affaires qui avaient également soulevé de vives réactions dans l’opinion.

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