Affaire Djamel Bensmail : un collège “remue” le couteau dans la plaie

Affaire Djamel Bensmail : un collège “remue” le couteau dans la plaie

La période d’examens a commencé cette semaine dans une ambiance de stress de la part des élèves et leurs parents. Un climat d’examen habituel brisé et marqué par une polémique dont l’origine est le texte d’un sujet d’examen de langue française.

Au collège “Miadi Fakhr Eddine” de la commune de Nezla à la wilaya Touggourt, un enseignant de français a décidé d’intégrer les détails du meurtre de Djamel Bensmail dans un texte d’un examen de langue française pour les élèves de troisième année moyenne. Le texte relate les circonstances de l’assassinat de Djamel Bensmail qui a secoué l’Algérie il n’y a pas longtemps, un sujet pour le moins qu’on puisse dire sensible, épineux et d’une douleur atroce.

Le texte ayant pour titre « Tizi Ouzou : lynchage à mort de Djamel Bensmail »  a rappelé l’assassinat odieux de Djamel, une scène qui ne peut être relatée qu’avec des termes crus et explicites, et sur ce, les avis divergent.

Sert-il à remuer le couteau dans la plaie ?

Une photo du sujet d’examen en question a été relayée sur les réseaux sociaux, suscitant une myriade de commentaires entre ceux qui pensent que cela ouvre une plaie douloureuse pour les Algériens, d’autant plus que cette affaire a pris une ampleur énorme notamment lorsque des politiques ont voulu s’en accaparer. “Une vraie calamité, c’est vraiment très grave. Je ne trouve pas les mots”, a commenté une des internautes.

D’autres pensent que ce n’est nullement adéquat ni pédagogique ni conforme au programme scolaire de choisir un support pareil, les détails de son meurtre, rappelons-nous, étaient d’une cruauté sans égal.

Il n’y a pas de tabou, surtout pas à l’école !

Au milieu de ce déferlement de haine critiquant le choix de l’enseignant, certains félicitent et saluent ce choix qui, selon eux, est une sorte d’hommage pour le défunt. D’un point de vue pédagogique, d’autres soutiennent également ce choix puisque c’est un fait divers qui a fait couler beaucoup d’encre et qui représente une affaire marquante dans le présent de chaque citoyen algérien.

Un autre internaute a trouvé ce choix plutôt positif “j’ai lu le texte et je n’ai pas trouvé ce qui dérange dans ce dernier. Il n’y a aucune incitation à la haine. Bien au contraire, il rapporte des faits réels qui ont indigné tout Algérien, et je trouve que c’est plutôt positif de permettre aux enfants de parler et d’extérioriser ce qu’ils ressentent et ce qu’ils pensent. C’est à l’école qu’on doit recadrer les idées de ces enfants et c’est à travers la communication que ça se passe. Les Non Dits nous ont massacrés”.