Un projet initialement estimé à 130 milliards de centimes, facturé finalement à près de 600 milliards. C’est le scandale retentissant qui éclabousse aujourd’hui l’ancien ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki. Jugé pour corruption, l’ex-responsable et ses complices présumés devront s’expliquer sur cette dilapidation colossale de fonds publics autour du barrage de Medjez B’gar. Retour sur un marché de l’ère de « la Issaba » où l’argent public a coulé à flots.
L’ancien ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, comparaît ces jours-ci devant le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed, aux côtés de l’ex-directeur général de l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT) « M.M », de son successeur « B.Ch.O » ainsi que d’autres mis en cause. Ils sont poursuivis dans une affaire de corruption liée au projet de renforcement du barrage de Medjez B’gar, dans la wilaya de Guelma, ayant causé un préjudice estimé à près de 600 milliards de centimes au Trésor public.
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Selon le média « Echourouk », l’enquête, menée par le service régional de la police judiciaire d’Alger, a mis en lumière des pratiques de dilapidation de fonds publics au sein de l’ANBT durant la période de « la Issaba ». Il ressort que le marché du projet, initialement estimé à 130 milliards de centimes, a été attribué de manière suspecte à une entreprise privée appartenant à « R.H », pour des travaux de renforcement du barrage destiné à l’irrigation agricole dans la commune d’Aïn Makhlouf (Guelma).
Conséquences financières et judiciaires
Selon la même source, les investigations ont révélé que le coût du projet a été multiplié par près de quatre, dépassant les 580 milliards de centimes, en raison de la conclusion d’avenants controversés excédant largement le montant initial du marché. Ces avenants, au nombre de trois, n’ont pas fait l’objet d’un accord conforme entre les parties.
Ainsi, le projet a été modifié, passant d’un simple renforcement à une surélévation du barrage, avec un deuxième avenant dépassant 230 milliards de centimes et un troisième estimé à plus de 75 milliards, entraînant un lourd préjudice pour les finances publiques.
Lors des auditions, le juge d’instruction a ordonné le placement en détention provisoire de cinq accusés, dont l’ancien ministre Arezki Berraki, déjà condamné auparavant à dix ans de prison ferme dans une autre affaire, ainsi que deux anciens directeurs généraux de l’ANBT. Quatre autres mis en cause ont été placés sous contrôle judiciaire, ajoute la même source.
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Poursuites et mesures préventives
Les prévenus sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment abus de fonction, trafic d’influence, dilapidation de deniers publics, octroi d’avantages indus lors de la passation de marchés publics en violation de la législation en vigueur, conformément aux dispositions de la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.
Le propriétaire de l’entreprise bénéficiaire du projet, « R.H », est quant à lui poursuivi pour incitation de fonctionnaires à abuser de leur influence, obtention d’avantages injustifiés, participation à la dilapidation de fonds publics et blanchiment d’argent.
Par ailleurs, le juge d’instruction a ordonné la saisie et le gel des avoirs issus des activités criminelles liées aux faits de corruption et de blanchiment, incluant les biens mobiliers et immobiliers ainsi que les comptes bancaires des accusés. Des commissions rogatoires nationales et internationales ont également été émises afin d’identifier les avoirs détenus à l’étranger, y compris ceux appartenant aux proches des mis en cause.
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