Depuis quelques jours, une rumeur persistante sur de prétendus cas d’intoxication liés à la pastèque sème le trouble sur les marchés algériens.
Face à la panique qui gagne du terrain, les autorités sanitaires, les syndicats et les associations de consommateurs montent au créneau pour rétablir la vérité et voler au secours d’un secteur agricole injustement pénalisé.
C’est le feuilleton qui agite les réseaux sociaux et s’invite dans les discussions de marché en cette période de grandes chaleurs. Une série de publications alarmistes affirmait que la consommation de pastèques provoquait de graves intoxications alimentaires à travers le pays.
Une rumeur sans fondement qui a pourtant suffi à installer le doute chez les consommateurs, provoquant immédiatement une baisse brutale des ventes et une chute vertigineuse des prix, au grand dam des producteurs locaux.
L’effet dévastateur des « fake news » sur l’économie locale
Face au risque d’asphyxie de toute une filière, la Fédération nationale des marchés de gros des fruits et légumes a vivement réagi.
Dans un communiqué officiel, l’organisation dénonce une campagne de désinformation qui sabote le travail des fellahs en pleine période de récolte. Elle rappelle qu’aucune instance médicale ou scientifique n’a validé ces thèses de contamination à la source.
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L’étincelle qui a mis le feu aux poudres provient, en réalité, d’une mauvaise interprétation d’une alerte de l’APOCE (l’association de protection des consommateurs).
Cette dernière avait effectivement évoqué quelques malaises, mais s’est empressée de préciser que le fruit en lui-même n’était pas en cause.
Le vrai coupable ? Le manque d’hygiène domestique, notamment des couteaux mal lavés ou des tranches de pastèque laissées trop longtemps à l’air libre sous le soleil avant d’être mangées.
Solidarité avec les fellahs et démentis officiels
Pour couper court aux fantasmes, les institutions locales prennent la parole les unes après les autres. À Batna, où la rumeur évoquait fallacieusement plus d’une centaine de personnes hospitalisées, la wilaya a publié un démenti catégorique : les services d’urgence n’ont enregistré absolument aucun patient pour ce motif.
Les autorités appellent les citoyens à faire preuve de discernement et à ne pas prêter l’oreille aux canaux non officiels.
Sur le terrain, la résistance s’organise aussi chez les premiers concernés.
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Touchés de plein fouet par l’effondrement des prix — la pièce s’échangeant parfois à peine à 100 dinars dans certaines localités —, les agriculteurs ont décidé de répliquer avec les mêmes armes que leurs détracteurs.
Sur TikTok et Facebook, les vidéos de producteurs se filmant en train de trancher et de déguster leurs pastèques au milieu de leurs champs se multiplient pour prouver la parfaite salubrité de leurs récoltes.
Le vrai défi : l’hygiène en période de canicule
Dans une mise au point, Mustapha Zebdi, le président de l’APOCE, a invité chacun à garder la tête froide et à cesser de diaboliser le monde agricole, qui subit déjà de lourdes pertes.
Plutôt que de boycotter un fruit phare de l’été, le représentant des consommateurs rappelle que la véritable bataille se joue sur le respect de la chaîne du froid et des règles d’hygiène de base, cruciales pour tous les aliments périssables durant l’été.
Il plaide également pour un suivi rigoureux des circuits de distribution afin de rassurer définitivement les ménages et de redonner ses lettres de noblesse au produit national.
Le spectre des nitrates et la solution des testeurs
Dans le flot des débats en ligne, de nombreux internautes ont pointé du doigt un coupable récurrent : l’usage excessif d’engrais et la forte concentration de nitrates dans les sols, souvent accusés de saturer le fruit et de provoquer des troubles intestinaux.
Si les autorités n’ont validé aucune alerte de ce type pour les récoltes actuelles, la communauté web rappelle qu’une solution simple et moderne existe pour rassurer les ménages comme les producteurs.
L’utilisation de petits détecteurs numériques de nitrates portatifs, désormais très abordables et faciles d’accès, permet de mesurer le taux de résidus chimiques dans le fruit en seulement trois secondes.
Un investissement dérisoire pour les commerçants et les agriculteurs, qui pourrait non seulement prouver la transparence et la qualité de leur production, mais aussi sauver instantanément une récolte entière face au tribunal des réseaux sociaux.
