Les services de la brigade de recherches de la Gendarmerie nationale de Boumerdès ont procédé à l’arrestation du président de l’Assemblée populaire communale (APC) de Chabet El Ameur, en compagnie d’un employé administratif, dans le cadre d’une affaire liée à une présomption de corruption.
Selon des sources bien informées, cette opération fait suite à une plainte déposée par un particulier. Après des investigations préliminaires, les éléments de la Gendarmerie ont mis en place un piège minutieusement préparé, ayant conduit à l’interpellation des deux suspects en flagrant délit, hier, dans un café.
Les deux mis en cause ont été immédiatement placés en garde à vue et transférés au siège de la brigade de recherches pour la poursuite de l’enquête. Les investigations se poursuivent afin d’élucider les circonstances exactes de l’affaire et de déterminer les responsabilités pénales de chaque partie impliquée.
Les suspects devraient être présentés devant la justice dès l’achèvement des procédures légales en cours.
La corruption en Algérie : un phénomène quantifié et toujours sous surveillance
La lutte contre la corruption demeure l’un des enjeux majeurs de la gouvernance publique en Algérie. Malgré les efforts institutionnels et une mobilisation soutenue des autorités judiciaires et administratives, les indicateurs disponibles montrent que ce fléau continue d’affecter divers secteurs, de l’administration locale aux services publics.
Des affaires en augmentation ces dernières années
Selon les statistiques officielles communiquées par les instances judiciaires entre 2020 et 2024 :
- Plus de 7 500 affaires de corruption ont été enregistrées par les tribunaux à l’échelle nationale.
- Parmi ces affaires, environ 35 % impliquaient des responsables publics ou des élus locaux.
- Les procédures engagées ont conduit à des condamnations avec peines d’emprisonnement dans près de 40 % des cas poursuivis.
Ces chiffres, s’ils traduisent une plus grande fermeté dans le traitement judiciaire, soulignent aussi l’ampleur du phénomène. Les secteurs les plus touchés restent ceux où la gestion de ressources financières et matérielles se fait à l’échelle locale : marchés publics, attribution de permis, urbanisme, approvisionnement des collectivités, etc.
Perception et réalité : des enquêtes internationales révélatrices
Selon l’Indice de Perception de la Corruption 2024 publié par une grande ONG internationale, l’Algérie se situe à un score de 34/100 (sur une échelle où 0 signifie un niveau très élevé de corruption perçue et 100 une perception minimale). Ce score place le pays au-dessous de la moyenne régionale, reflétant une perception persistante de corruption dans les secteurs public et semi-public.
Ce constat est confirmé par des enquêtes menées auprès des citoyens :
- Plus de 60 % des sondés estiment que la corruption reste un problème « sérieux » dans les administrations locales.
- Près de 45 % déclarent avoir été témoins ou victimes de pratiques de favoritisme ou de demandes indues, notamment dans l’accès à des services publics.
