La présidente de l’association « France-Algérie », Ségolène Royal, a demandé à visiter le journaliste français détenu en Algérie, Christophe Gelizes. Elle a reçu une réponse favorable de la part du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaâ.
Ségolène Royal est en visite en Algérie depuis lundi dernier. Après une entrevue avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, elle a été reçue aujourd’hui, le 29 janvier, par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaâ.
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La présidente de l’association « France-Algérie » a révélé qu’elle se rendra dans l’établissement pénitentiaire où est détenu le journaliste français Christophe Gleizes afin de lui rendre visite. Et ce, après avoir eu une réponse favorable du ministre Boudjemaâ.
« J’ai sollicité le ministre de la Justice, garde des Sceaux, pour obtenir l’autorisation de rendre visite à Christophe Gleizes. Il a aimablement donné son accord, et je me rendrai demain dans l’établissement pénitentiaire pour le voir. », a-t-elle indiqué, en marge de la visite, lors d’une déclaration à la Télévision Nationale.
Pour rappel, Christophe Gleizes avait été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi-Ouzou où il s’était rendu pour un reportage sur la JS Kabylie. Placé sous contrôle judiciaire, le journaliste français a été incarcéré en juin 2025, date à laquelle il a été condamné en première instance à sept ans de prison. Une peine confirmée quelques mois plus tard par la Cour d’appel de Tizi-Ouzou.
Dialogue franco-algérien et questions mémorielles
Par ailleurs, et profitant de sa visite en Algérie, Ségolène Royal, a plaidé à Alger pour un dialogue franco-algérien fondé sur le « respect » et la « considération » de la souveraineté nationale algérienne. Elle a rendu hommage au président Abdelmadjid Tebboune, saluant la dynamique d’une « Algérie nouvelle, souveraine et non alignée » portée par une « croissance extraordinaire ». Dans un entretien télévisé, elle a dénoncé les « postures politiciennes » et les « discours haineux » de certains courants français qui « refusent de reconnaître la souveraineté de l’Algérie », appelant à reprendre le dialogue « avec respect et considération ».
Ségolène Royal a estimé que « certains Français voient encore l’Algérie comme si elle était dans les années 1970 », rappelant une croissance économique proche de 4 % sur deux années consécutives. Elle a mis en avant le « potentiel extraordinaire » de la jeunesse algérienne et insisté sur la nécessité d’assumer pleinement la souveraineté et le non-alignement du pays.
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Sur le dossier mémoriel, elle a affirmé que « la réconciliation ne peut faire l’économie d’une reconnaissance pleine et entière des faits historiques », estimant que la France doit « s’excuser et réparer ». Elle a exigé la restitution des biens culturels, des archives et des restes mortuaires, déclarant : « On rend ce qui a été pris, c’est tout ». Enfin, elle a qualifié d’« aberrant » le contraste des relations diplomatiques et appelé Paris à agir avant qu’« un jour ce soit trop tard ».
