Le parquet national antiterroriste (PNAT) a requis la libération d’un agent du consulat algérien de Créteil. Ce dernier est accusé d’être impliqué dans la séquestration présumée d’Amir Boukhors, dit « Amir DZ ». Cette affaire, hautement sensible, place désormais la remise en liberté de l’officiel algérien au cœur de complexes négociations diplomatiques entre Paris et Alger.
Une partie de ce bras de fer oppose le ministère public aux magistrats sur le dossier de la séquestration présumée d’Amir DZ. Dans un geste inédit, le parquet antiterroriste (PNAT) a requis le 11 juin dernier la remise en liberté de Smaïl R., l’agent du consulat algérien de Créteil placé en détention depuis le 12 avril 2025.
L’affaire avait alors provoqué un pic de tension sans précédent entre Paris et Alger, entraînant l’expulsion réciproque de vingt-quatre diplomates par les deux pays.
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Le PNAT demande la libération de l’agent consulaire algérien détenu en France
Les réquisitions du parquet antiterroriste ont fait suite à une demande d’élargissement déposée la veille par les avocats de la défense. Elles marquent un assouplissement de la position du ministère public sur cette affaire, le PNAT ayant jusqu’à présent rejeté toutes les demandes de remise en liberté de Smaïl R.
Bien que le juge des libertés et de la détention (JLD) ait rejeté la demande de remise en liberté de l’agent consulaire le 18 juin, la défense a immédiatement fait appel. Selon une source judiciaire, citée par Le Monde, le PNAT n’a pas joint son propre recours à cette démarche. L’appel sera examiné par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris d’ici le 13 juillet, une audience où l’avis du parquet général sera particulièrement décisif.
Par ailleurs, le PNAT a jugé que le maintien en détention de Smaïl R. n’était plus indispensable à l’enquête, au vu des garanties de contrôle proposées. Ce contrôle judiciaire strict prévoit l’obligation de résider dans sa commune du Val-d’Oise, un pointage hebdomadaire au commissariat, la confiscation de ses papiers d’identité, ainsi qu’une interdiction de contact avec les personnes ciblées par le magistrat.
Un bras de fer politico-judiciaire
Cette affaire remonte au 29 avril 2024. Le youtubeur Amir DZ raconte avoir été enlevé près de son domicile dans le Val-de-Marne par un commando de quatre faux policiers à bord d’une voiture banalisée. Menotté, drogué et conduit vers la Seine-et-Marne, il explique avoir été séquestré pendant 27 heures dans un préfabriqué avant d’être finalement libéré en lisière d’une forêt.
L’enquête a pris un tournant en février 2025 avec la saisie de la brigade criminelle par le PNAT, notamment en accusant deux officiels algériens.
Alors que Paris et Alger amorcent un rapprochement depuis la mi-février après la crise de 2025, le sort de Smaïl R. reste un sujet sensible dans les relations franco-algériennes. Ainsi, le 25 mars, suite à la prolongation pour un an de sa détention provisoire, le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires français. Alger lui a signifié que cette décision, jugée « difficilement justifiable ou recevable », aurait « inévitablement des conséquences sur le cours normal des relations algéro-françaises ».
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