Un drame a secoué l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle. Hafida Drici, une employée d’origine algérienne, est tragiquement décédée le lundi 13 juillet à la suite d’un accident du travail sur le tarmac de Roissy. Alors qu’une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes du drame, un vibrant hommage lui a été rendu par ses proches et ses collègues. Retour sur les faits.
« Une fois de plus, le travail a tué. Nous refusons de considérer cela comme une fatalité ». C’est avec ces mots empreints de colère et d’indignation que Zohra Abdallah, secrétaire générale de l’Union locale CGT de Sevran, s’est adressée à la foule lundi 20 juillet.
Rassemblées à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, plusieurs dizaines de personnes se sont unies pour rendre un vibrant hommage à Hafida, cette salariée de 53 ans tragiquement décédée sur son lieu de travail la semaine précédente.
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Que s’est-il passé au tarmac de l’aéroport de Roissy ?
Employée par Samsic Assistance Shuttle, une filiale du groupe Samsic spécialisée dans le transport du personnel navigant sur les pistes, Hafida y occupait le poste de régulatrice après avoir été conductrice de bus, selon les témoignages de ses collègues. Figure engagée, elle était également déléguée syndicale CGT et très investie au sein de l’Union locale du syndicat.
Le 13 juillet dernier, alors qu’elle s’apprêtait à achever sa journée de travail, Hafida a décidé d’effectuer une dernière tâche : faire le plein de carburant d’une navette stationnée sur le tarmac de l’aéroport parisien.
Les circonstances de l’accident ont été détaillées par un représentant de la CGT dans L’Humanité. Hafida aurait quitté momentanément sa navette pour saluer un collègue sur le tarmac. C’est à ce moment-là que le véhicule, en marche arrière, l’a projetée contre un second bus. Coincée entre les deux structures malgré une vaine lutte pour se dégager, la salariée a succombé à ses blessures.
Rapidement prise en charge par les secours arrivés sur place, Hafida a été transportée en urgence. Malheureusement, la gravité extrême de ses blessures ne lui a laissé aucune chance : elle a succombé dans l’ambulance durant son transfert.
« Ce bus ne devait pas être là »
Entre vive douleur et soif de vérité, la famille d’Hafida, ses collègues de chez Samsic et ses camarades de la CGT — où elle militait depuis dix ans — sont sous le choc. Tous réclament aujourd’hui que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient pleinement assumées.
En effet, ses proches et ses collègues exigent une enquête totalement transparente sur les causes de ce drame afin d’éviter qu’un tel accident ne se reproduise. « Il n’y a pas de hasard, il n’y a pas de malchance quand un accident comme cela se produit », martèle un militant syndical. Un constat partagé par Zohra, la sœur aînée de la victime, qui déplore le manque criant d’informations transmises à la famille.
Les failles matérielles sont vivement pointées du doigt. Selon Ian Og, chauffeur de bus et délégué UNSA, le véhicule impliqué dans l’accident « ne devait pas être là ». Il révèle que ce bus, âgé de 18 ans, n’était pas équipé de système d’alarme pour avertir de l’absence de frein à main. De son côté, le représentant de la CGT précise que le véhicule avait été « dématriculé au courant de l’année », une possibilité offerte aux grandes entreprises par arrêté préfectoral. Un statut particulier qui permettait d’échapper au contrôle technique obligatoire tous les six mois.
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