Les services de sécurité de l’aéroport international Houari Boumédiene ont déjoué une tentative de transfert illicite d’une somme colossale vers la Turquie. Le principal suspect, un homme d’affaires aux multiples facettes, se faisait passer pour un parlementaire pour échapper aux contrôles.
L’affaire, dont les détails ont été révélés par des investigations judiciaires rapportées par Ennahar, semble sortir tout droit d’un film d’espionnage. Le prévenu, un certain B. B. H., commerçant influent à Alger et associé dans une société d’importation de textile aux Émirats arabes unis, a été intercepté alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Istanbul.
Pour franchir les barrages de sécurité sans encombre, l’individu utilisait une ruse audacieuse : il se présentait systématiquement en costume classique, arborant une posture officielle. Selon la même source, il détenait des cartes professionnelles périmées, dont une de « membre du Conseil national du mouvement pour la communication et le développement », portant la mention explicite demandant aux autorités « de lui faciliter le passage ».
🟢 A LIRE AUSSI : Déguisés en convoyeurs, ils dérobent 14 mds dans une banque : Détails d’un hold-up hollywoodien à Guelma
Le suspect comptait sur cette influence supposée pour dissuader les agents de police et des douanes de fouiller ses bagages. Cependant, son manège a pris fin le 7 mars dernier.
Argent saisi à l’aéroport d’Alger : le stratagème insolite du papier aluminium pour tromper les scanners
C’est lors de son passage sous le portique de détection magnétique que l’alerte a été donnée. Malgré ses tentatives de passer sans retirer sa veste, l’insistance des douaniers a permis de découvrir le butin. À l’intérieur de sa sacoche et de son sac à main, les agents ont découvert une somme astronomique : 474 300 euros (soit l’équivalent de 13 milliards de centimes), ainsi que des lires turques.
Le mode opératoire pour dissimuler l’argent était particulièrement artisanal : les billets étaient répartis en 474 liasse de 1 000 euros, chacune enveloppée dans un billet de 1 000 DA puis recouverte de papier aluminium afin de tromper les scanners.
L’enquête a révélé que ce capital proviendrait initialement d’un stock de 10 kg d’or acquis aux Émirats en 2012. Après plusieurs péripéties judiciaires, le prévenu aurait transformé cet or en devises. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Les investigations ont mis à jour l’existence d’un réseau criminel incluant un célèbre bijoutier de Blida, et d’autres complices basés à l’étranger.
🟢 A LIRE AUSSI : Vente et achat de voiture : C’est officiel, tout va changer à partir du 5 avril 2026 (ministère)
D’après les informations d’Ennahar, le suspect est également propriétaire de plusieurs biens immobiliers de luxe à El Achour et Dely Ibrahim, acquis sous seing privé , ainsi que de comptes bancaires à l’étranger.
Les six prévenus impliqués dans cette affaire doivent être présentés ce dimanche devant le tribunal de Dar El Beïda. Ils font face à de graves chefs d’inculpation, notamment infraction à la législation des changes et des mouvements de capitaux et blanchiment d’argent.
