Les faussaires redoublent d’imagination et utilisent les moyens modernes de falsification des documents professionnels, a déclaré hier M. Nourredine Si Ahmed, directeur de l’Etablissement de sécurité des documents professionnels (SDP). Il appellera ainsi à ce que les méthodes préconisées par l’établissement soient utilisées, et ce, même à titre expérimental pour barrer la route aux fraudeurs.
Le premier responsable de l’établissement SDP a expliqué que les moyens utilisés par les faussaires sont plus modernes que ceux de l’Imprimerie officielle, où la gomme reste toujours la même. «D’où, d’ailleurs, la fragilité de la sécurité des documents», a souligné l’intervenant. Le danger, selon M. Si Ahmed, est que la falsification devienne plus facile en étant à la portée des faussaires. Les moyens de lutte devraient être en premier lieu, selon un papier sécurisé, dotés d’un numéro de série ainsi que d’une encre spéciale rouge. «Nous avons les moyens de la détecter avec des caractéristiques chimiques spéciales. Il y a également un cachet invisible impossible à scanner par les faussaires et qui ne peut être détecté que par les rayons ultraviolets», a expliqué le responsable, citant aussi la possibilité d’utiliser une signature invisible. «Nous avons une volonté de participer à apporter une solution contre la fraude à tous les organismes d’Etat», a souligné l’intervenant. Il notera que ces méthodes ne sont actuellement pas généralisées et sont utilisées par les notaires. Selon lui, il existe des pourparlers avec la Chambre nationale des notaires pour la généralisation des procédés. M. Si Ahmed dira à ce propos que des spécimens des cachets sécurisés entre autres ont été envoyés aux départements officiels concernés et notamment au président de la République en vue de les sensibiliser à l’efficacité du matériel de sécurité utilisé. L’établissement existe depuis deux années sur le terrain pour développer les techniques de protection des documents administratifs. Pour le conférencier, il est également possible d’établir des ordonnances sécurisées en vue notamment d’éviter leur falsification. Les documents les plus falsifiés sont notamment les actes notariés, les pièces d’identité, les documents officiels, les certificats de scolarité et les registres du commerce. En somme, selon le responsable, tout document exposé à manipulation est sujet à la fraude.
F.-Z. B.
