USDT entre 250 et 260 DA : plus cher que le dollar au marché noir, mais interdit en Algérie

Utilisé par de nombreux internautes pour payer leurs achats en ligne, l’USDT s’échange entre 250 et 260 dinars. Ce « dollar numérique » coûte plus cher que le dollar au marché noir, et presque deux fois le taux officiel. Depuis juillet 2025, la loi punit pourtant son achat, sa détention et son utilisation de prison et d’amende.
Prix de l’USDT en Algérie : entre 250 et 260 DA en octobre 2026
L’USDT, ou Tether, est une cryptomonnaie conçue pour suivre la valeur du dollar américain. Entre particuliers, il s’échange entre 250 et 260 DA, selon un relevé de la rédaction du 20 octobre 2026. Le prix varie selon la quantité échangée et la période.
Ce cours n’a aucune valeur officielle et varie d’un vendeur à l’autre. Il reflète seulement l’offre et la demande, comme les devises du marché parallèle. Il peut donc changer fortement en quelques jours.
USDT Plus cher que le dollar au Square, presque deux fois le taux officiel
À ce niveau, l’USDT coûte presque deux fois plus cher que le dollar au taux officiel. Le 19 octobre 2026, la Banque d’Algérie cotait le dollar à 134,42 DA, et l’euro à 151,41 DA. L’écart traduit la difficulté d’accéder aux devises par le circuit bancaire pour les achats en ligne.
Le cours de l’USDT dépasse même celui du dollar sur le marché parallèle des devises. Au Square Port-Saïd, le dollar s’échangeait le 20 octobre à 238 DA à l’achat et 240 DA à la vente. L’euro y atteignait environ 278 DA à l’achat et 280 DA à la vente. L’USDT coûte ainsi 10 à 20 DA de plus par dollar que le billet vert échangé au Square.
Pour un achat de 50 dollars, la différence est donc considérable. Au taux officiel, cette somme représente environ 6 721 DA. Au cours de l’USDT, elle atteint entre 12 500 et 13 000 DA, soit près du double. Ce surcoût s’ajoute aux frais de livraison et aux éventuelles taxes à l’arrivée du colis.
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Achats en ligne : pourquoi certains Algériens utilisent-ils l’USDT ?
Payer en devises sur les plateformes étrangères reste compliqué pour beaucoup d’Algériens. Les sites comme AliExpress ou Temu exigent une carte internationale, que peu de consommateurs possèdent. Une partie des internautes se tourne alors vers les cryptomonnaies pour régler ses commandes ou ses abonnements.
Ce recours ressemble à celui du marché parallèle des devises, illégal mais largement utilisé. La différence tient au cadre pénal, beaucoup plus lourd pour les cryptomonnaies depuis 2025. Beaucoup d’utilisateurs mesurent mal les risques qu’ils prennent.
Cryptomonnaies en Algérie : ce que la loi interdit depuis juillet 2025
L’interdiction des cryptomonnaies n’est pas nouvelle en Algérie. L’article 117 de la loi de finances 2018 interdisait déjà la monnaie dite virtuelle. Il visait son achat, sa vente, son utilisation et sa détention. Le texte renvoyait toutefois aux lois en vigueur pour les sanctions, sans fixer de peine précise.
La loi n° 25-10 du 24 juillet 2025 a considérablement durci ce cadre. Elle complète la loi relative à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Son nouvel article 6 bis interdit d’émettre, d’acheter, de vendre, d’utiliser ou de détenir des actifs virtuels.
L’interdiction vise aussi leur commerce, leur promotion et l’exploitation de plateformes d’échange. Elle s’applique aux actifs virtuels utilisés comme moyen de paiement ou comme investissement, et inclut le minage. La loi définit ces actifs comme des valeurs numériques échangeables, transférables ou utilisables pour payer ou investir.
Achat et détention d’USDT : jusqu’à 1 million de DA d’amende
L’article 31 bis de la même loi fixe les sanctions. Quiconque enfreint l’interdiction encourt de deux mois à un an de prison, et une amende de 200 000 à 1 000 000 DA. Le juge peut aussi ne prononcer que l’une de ces deux peines.
Ces peines s’appliquent sans préjudice de sanctions plus sévères prévues par d’autres textes. Le texte ne prévoit aucune exception pour un usage personnel ou un petit montant. La détention d’actifs virtuels, comme l’USDT, figure explicitement parmi les actes interdits.
La loi renforce aussi les obligations des banques et des autres institutions financières. Elles doivent appliquer des mesures de vigilance et déclarer les opérations suspectes. Le refus délibéré d’une déclaration de soupçon est lui-même puni de six mois à deux ans de prison.
Les échanges entre particuliers exposent enfin à un risque d’escroquerie, sans aucun recours possible. Un paiement non reçu ou un faux vendeur ne peut faire l’objet d’aucune réclamation auprès d’un organisme. Les transferts illicites de devises font d’ailleurs régulièrement l’objet de poursuites judiciaires.
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Paiement en ligne depuis l’Algérie : quelles alternatives légales aux cryptomonnaies ?
Certaines banques proposent des cartes de paiement internationales, adossées à un compte en devises. Elles permettent de payer en ligne dans un cadre légal. Leurs conditions et leurs plafonds varient toutefois d’un établissement à l’autre.
Des revendeurs locaux proposent aussi des produits importés, payables en dinars à la livraison. Le PLF 2027 renforce par ailleurs l’encadrement du commerce en ligne. Il est recommandé de se renseigner auprès de sa banque avant toute opération en devises, afin d’éviter toute confusion.
En pratique : cours de l’USDT, interdictions et sanctions à retenir
- Cours de l’USDT : entre 250 et 260 DA selon la quantité et la période (relevé du 20 octobre 2026), sans valeur officielle.
- Dollar au Square : 238 DA à l’achat, 240 DA à la vente (20 octobre 2026).
- Taux officiel du dollar : 134,42 DA (Banque d’Algérie, 19 octobre 2026).
- Texte applicable : loi n° 25-10 du 24 juillet 2025, articles 6 bis et 31 bis.
- Ce qui est interdit : achat, vente, détention, utilisation, commerce et promotion des cryptomonnaies, plateformes d’échange et minage.
- Sanctions : de deux mois à un an de prison et de 200 000 à 1 000 000 DA d’amende, ou l’une de ces deux peines.
- Alternative légale : cartes de paiement internationales adossées à un compte en devises.
- Lien officiel : loi n° 25-10, Journal officiel n° 48
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