France-Algérie : Édouard Philippe veut revoir les accords de 1968 sur l’immigration

Faut-il renégocier les accords franco-algériens de 1968 ? Alors que la présidentielle de 2027 se profile, le débat sur l’immigration s’enflamme de nouveau en France. Bien décidé à durcir la politique migratoire, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe appelle à réviser ce cadre juridique historique qui régit le statut des ressortissants algériens.
Invité sur BFMTV ce dimanche 30 août en marge de la rentrée politique de Gérald Darmanin à Tourcoing, l’ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle a jeté un pavé dans la mare. Questionné sur l’avenir des relations franco-algériennes, il a ouvertement évoqué la possibilité de dénoncer les accords de 1968.
Ratifiés en 1968, les accords franco-algériens fixent des règles spécifiques d’entrée, de séjour et de travail pour les citoyens algériens en France. Ce statut dérogatoire, unique par rapport au droit commun des étrangers, suscite de vives controverses au cœur des débats sur l’immigration et la diplomatie entre Paris et Alger.
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Édouard Philippe affiche sa fermeté sur l’immigration
Prônant une politique migratoire « plus forte », Édouard Philippe passe à l’offensive. Au cours de cet entretien, l’ancien Premier ministre a plaidé pour le durcissement du regroupement familial et s’est dit prêt à dénoncer les accords franco-algériens de 1968.
« Je suis favorable à la dénonciation du traité de 1968 » entre l’Algérie et la France, déclare Édouard Philippe, candidat « Horizons » à l’élection présidentielle. Pour justifier cette prise de position, l’ex-Premier ministre pointe du doigt la dégradation des rapports diplomatiques entre Paris et Alger.
Qualifiant la relation actuelle d’« extrêmement difficile », il remet en cause le statut privilégié des ressortissants algériens, estimant que rien ne justifie plus aujourd’hui un régime plus favorable que celui appliqué aux autres nationalités.
Il faut remettre de la clarté dans le débat sur l’immigration.
Immigration illégale, immigration légale, demandes d’asile : on ne peut pas tout confondre.
Mais je le dis clairement : il y a trop d’étrangers en situation irrégulière en France, et il est aujourd’hui trop facile… pic.twitter.com/eT73lgD3Lv
— Edouard Philippe (@EPhilippe_LH) August 30, 2026
L’accord de 1968 s’invite dans les présidentielles 2027 en France
Alors que les prétendants à l’Élysée affinent leurs positions sur les flux migratoires et la relation avec l’Algérie, le débat sur l’accord de 1968 s’annonce inévitable. En ciblant ce texte, Édouard Philippe cherche à concilier une ligne de fermeté sur l’immigration générale et le maintien pragmatique de certains canaux migratoires indispensables à l’économie nationale.
Cette prise de position s’inscrit dans une stratégie de rassemblement de la droite et du centre engagée par l’ancien Premier ministre. Anticipant l’après-présidentielle, il mise sur cette recomposition partisane pour bâtir la majorité solide qui lui sera indispensable pour gouverner.
L’avenir des accords de 1968 s’annonce ainsi comme l’un des nouveaux marqueurs idéologiques du débat sur l’immigration d’ici 2027. Un test clé pour Édouard Philippe, dont le projet politique global demande encore à être précisé.
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