Accord franco-algérien de 1968 : Paris et Alger ouvrent officiellement le chantier de sa révision

Accord franco-algérien de 1968 : Paris et Alger ouvrent officiellement le chantier de sa révision
Sujet sensible des relations franco-algériennes, l’accord de 1968 sur l’immigration revient au centre des discussions. Paris et Alger ont décidé d’engager un travail conjoint sur son avenir.

Vers une révision de l’accord franco-algérien de 1968 sur l’immigration ? C’est l’ambition affichée par Paris et Alger, qui ont officiellement décidé de rouvrir ce dossier sensible. Le ministère français de l’Intérieur a d’ailleurs précisé qu’un travail conjoint allait s’engager, basé sur de futures « propositions concrètes » formulées à l’initiative de Paris pour moderniser le texte.

Ce document dresse le bilan des échanges bilatéraux qui ont eu lieu lors de la visite officielle de deux jours à Paris du ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud. Sur le volet migratoire, les deux pays ont affiché leur volonté de renforcer leur coopération opérationnelle.

Selon le communiqué, cette démarche s’inscrira dans une « approche globale ». Celle-ci associera la lutte contre l’immigration irrégulière, la gestion des retours et la facilitation des mobilités légales.

Paris et Alger décident de « faire évaluer l’accord de 1968 » sur l’immigration

« Les discussions, franches et pragmatiques, ont permis de confirmer la reprise d’une coopération loyale pour permettre une montée en puissance des retours. L’ensemble des consulats présents en France sont désormais pleinement mobilisés », indique le ministère français de l’Intérieur dans un communiqué.

Réclamée par la France depuis 2024, la révision de l’accord de 1968 a franchi une étape politique majeure en novembre 2025, lorsque l’Assemblée nationale française a adopté une résolution du Rassemblement national (RN) visant à le dénoncer. Face à cette initiative, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, avait balayé la polémique en affirmant qu’il s’agissait là d’une « affaire franco-française ».

« Le gouvernement français ne nous a rien dit à ce sujet et donc sur le fond, nous ne réagissons pas (…) C’est attristant de voir un pays aussi grand que la France faire de l’histoire d’un autre pays, indépendant, souverain, l’objet d’une compétition électorale anticipée », avait déclaré à l’époque le ministre algérien des Affaires étrangères.

Ce qui a été décidé lors de la rencontre entre Sayoud et Nunez à Paris

Paris et Alger actent la reprise de leurs échanges avec la volonté de bâtir un partenariat pragmatique et progressif. Cette relance s’appuiera sur de nouvelles habitudes de travail entre services opérationnels, des priorités clairement identifiées et un suivi régulier à haut niveau pour garantir des résultats concrets.

La coopération bilatérale s’intensifie contre le terrorisme et la criminalité organisée (narcotrafic, fraude, immigration irrégulière), soutenue par le déploiement de feuilles de route communes et la nomination d’un attaché de sécurité adjoint à Alger. En parallèle, les deux pays relancent leurs échanges en matière de protection civile, axés sur la formation et les risques climatiques.

Par ailleurs, en plus de la révision de l’accord de 1968, les deux capitales renforcent leurs canaux de communication via une approche globale mêlant mobilités légales et lutte contre la clandestinité. Les discussions ont scellé la reprise d’une coopération pour accélérer les procédures de retour, objectif pour lequel tous les consulats algériens en France sont désormais mobilisés.

À LIRE AUSSI :

🟢 Algérie – France : plusieurs dossiers au menu de la rencontre entre Sayoud et Nuñez à Paris

🟢 Algérie – France : première visite ministérielle algérienne à Paris depuis plus de deux ans