L’Union européenne prévoit de présenter, en octobre prochain, un « Pacte pour la Méditerranée » destiné à relancer la coopération économique et commerciale avec dix pays du sud et de l’est du bassin méditerranéen. Mais avant même son officialisation, ce projet suscite une vive polémique : il inclut Tel-Aviv parmi ses partenaires.
Selon un document interne de la Commission européenne révélé par Euronews le 26 août, le texte a été élaboré avant avril 2025, à partir des contributions d’États membres, de pays partenaires et d’acteurs économiques. Ursula von der Leyen, présidente de l’exécutif européen, présentera ce document à la mi-octobre.
Le pacte concernera dix pays : l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Libye, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Palestine et la Syrie. La Turquie et certains États du golfe devraient également être associés, en raison de leur rôle stratégique.
Pour Bruxelles, l’initiative vise à diversifier les partenariats économiques afin de réduire la dépendance vis-à-vis de la Russie et de la Chine, tout en créant de nouvelles chaînes de valeur régionales dans des secteurs clés comme le numérique, l’énergie, l’agro-industrie et l’environnement.
Cette démarche rappelle les précédentes tentatives d’intégration régionale, notamment la Déclaration de Barcelone de 1995, qui prévoyait la création d’une zone de libre-échange euro-méditerranéenne.
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Ce projet est resté inachevé, mais l’UE dispose déjà de divers accords bilatéraux et multilatéraux avec plusieurs pays du Sud. Le « Pacte pour la Méditerranée » ambitionne d’aller plus loin en harmonisant les normes, en soutenant les PME locales et en renforçant les investissements transfrontaliers.
L’inclusion de Tel-Aviv, une ligne rouge pour Alger
Si l’UE présente ce pacte comme un outil de stabilité régionale, son inclusion d’Israël change profondément la donne. Pour l’Algérie, dont la diplomatie repose sur un soutien constant à la cause palestinienne et un refus catégorique de toute normalisation avec l’entité sioniste, cette orientation est problématique.
Depuis l’indépendance, Alger a affirmé haut et fort sa solidarité avec les peuples opprimés, et plus particulièrement avec les Palestiniens. Elle n’a jamais reconnu Israël et a répété qu’aucune coopération économique ou politique ne saurait justifier une normalisation forcée.
Dans l’opinion publique algérienne, mettre sur le même plan la Palestine et son oppresseur est une provocation et une atteinte aux principes fondamentaux de justice. La participation de Tel-Aviv constitue donc une « ligne rouge » que l’Algérie ne saurait franchir.
Une position attendue dans les prochaines semaines
Pour l’heure, Alger n’a pas encore exprimé officiellement sa position sur ce projet. Mais les observateurs estiment que la présence d’Israël risque de compromettre toute adhésion de sa part. En effet, la diplomatie algérienne demeure fidèle à ses principes : pas de véritable coopération régionale sans une solution juste et équitable à la question palestinienne.
Ainsi, si Bruxelles espère relancer ses ambitions euro-méditerranéennes, la participation de l’Algérie restera conditionnée au respect de ses valeurs diplomatiques et à son rejet de toute tentative de normalisation imposée avec Israël.
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