Abdelmadjid Menasra, président du Front du changement «Ce n’est pas aux partis de convaincre les électeurs»

Abdelmadjid Menasra, président du Front du changement «Ce n’est pas aux partis de convaincre les électeurs»
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Menasra nie l’existence de toute initiative réelle et réfléchie de nouer des alliances, émanant des autres partis islamistes. Abdelmadjid Menasra, président du Front du changement (FC) a soutenu que «ce n’est pas aux partis politiques de mobiliser et convaincre les citoyens d’aller voter le 10 mai prochain», date du scrutin législatif.

Le chef de file de cette nouvelle formation qui tiendra son congrès constitutif les 17 et 18 février, a souligné, dans une rencontre organisée hier par un confrère, que cette mission incombe aux institutions de l’Etat qui chapeaute l’opération de l’élection, faisant allusion au ministère de l’Intérieur sans le citer nommément. La réaction de Menasra fait ainsi suite à l’appel du chef de l’Etat qui a sollicité dans son dernier discours radiotélévisé la classe politique, les syndicats et la société civile à œuvrer ensemble pour mobiliser les électeurs en prévision des élections législatives prévues le 10 mai 2012. «J’attends des partis politiques, des syndicats et des organisations de la société civile qu’ils œuvrent ensemble à mobiliser les électeurs et les électrices, les jeunes en particulier, afin qu’ils s’acquittent de ce qu’implique la citoyenneté, loyale et sincère, de disponibilité à accomplir le devoir civique et politique, à choisir les programmes et juger les hommes et les femmes en fonction de leur probité et de leur compétence», a insisté le président Bouteflika.

«Inciter et convaincre les électeurs n’est pas du ressort d’un parti politique. C’est aux institutions de l’Etat de rassurer les électeurs en promettant un vote transparent, la fraude électorale étant un repoussoir. Je vous donne un exemple des élections (référendum, Ndlr) concernant la désignation du mode de gestion des œuvres de l’Education nationale auxquelles ont participé massivement les travailleurs du secteur», a appuyé M. Menasra, précisant que la transparence est le garant d’une participation massive.

Le leader du FC a remis en cause, par ailleurs, le procédé du ministère de l’Intérieur qui, selon lui, ne pourra pas convaincre les électeurs par des SMS les appelant à voter massivement le 10 mai prochain, date du scrutin législatif. Répondant à une question relative au retour des anciens militants du parti dissous (ex-FIS) sur la scène politique, Abdelmadjid Menasra, ancien ministre de l’industrie et dissident du MSP qui a tenté d’éluder cette question, a affirmé que «texte de loi interdisant le retour des militant du FIS est clair et on doit le respecter». Evoquant l’éventualité de nouer des alliances avec les autres formations islamistes, Menasra a réaffirmé la disponibilité du Front du changement pour toute initiative émanant de toutes les parties œuvrant pour le changement. «Les alliances doivent être basées et orientées sur les programmes et non pas sur le nombre de sièges au Parlement. Même le RND qui est un dérivé du FLN est parvenu à coexister et coaliser sous l’enseigne de Alliance présidentielle», a-t-il expliqué. L’orateur regrette toutefois l’inexistence d’initiative réelle et «mûre» de fédérer les partis islamistes.

Par Yazid Madi