Abdelmadjid Menasra menace «En cas de fraude nous sortirons dans la rue»

Abdelmadjid Menasra menace  «En cas de fraude nous sortirons dans la rue»
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«Les listes électorales doivent être remises pour contrôle aux représentants des partis, au niveau de chaque commune»

Son parti a abandonné l’exigence relative au changement du gouvernement.

Le chef du Front du changement (FC) qui vient d’être agréé par le ministère de l’Intérieur, Abdelmadjid Menasra, a mis en garde contre l’éventuelle fraude électorale qui risque d’émailler le scrutin du 10 mai prochain. «Je mets en garde les autorités contre toute velléité de fraude, car le peuple qui n’a plus peur, a appris à sortir dans la rue pour moins que ça», a-t-il averti hier, lors de sa conférence de presse tenue à Alger. Mieux, dans ce cas de figure, le FC, selon son porte-parole, prendra à bras-le-corps ce mouvement de protestation. Par cette menace à peine voilée, cet islamiste et ancien ministre de l’Industrie réitère: «Nous allons investir la rue au même titre que les protestataires.» M.Menasra fait écho à des annonces analogues lancées ces derniers temps par d’autres partis islamistes qui se disent absolument convaincus d’une victoire aux prochaines législatives, dans le sillage des «révoltes arabes», s’il n’y a pas fraude. Auparavant, M.Menasra avait commenté: «En Tunisie, au Maroc et en Algérie, c’est le même peuple, la même aspiration de changement, le même désir de voir les forces islamistes triompher et gérer les affaires publiques». Cette thèse tranche toutefois, avec les arguments de nombreux responsables gouvernementaux qui, tout en soutenant «une exception algérienne», considèrent l’émergence des formations islamistes à l’issue du prochain scrutin comme «improbable». Quoi qu’il en soit, le FC, qui compte tenir son congrès ordinaire «le 17 et 18 février à la Coupole» du 5-Juillet, exige de confier l’opération d’assainissement du fichier électoral au pouvoir judiciaire avec la participation de tous les partis, y compris les nouvelles formations. «Les listes électorales doivent être remises pour contrôle aux représentants des partis, au niveau de chaque commune», insiste Abdelmadjid Menasra. Si le parti de Menasra a abandonné l’exigence relative au changement du gouvernement, en revanche il estime que «les forts soupçons liés au gonflement du fichier électorale par 3 à 5 millions de voix fictives, pour atteindre plus de 21,5 millions d’électeurs, ne sauraient être levés que par une volonté réelle d’assainir effectivement les listes électorales».

Sans faire porter le chapeau au département de l’intérieur, M.Menasra explique que «ce phénomène de faire voter les morts et les absents et la non-radiation des listes de ceux qui ont changé de résidence, par exemple, sont dus à l’indigence de notre administration», Peut-être, poursuit-il «elle est maintenue sciemment dans cette situation pour perpétuer la fraude».

Pas moins de huit partis islamistes vont prendre part aux législatives du 10 mai. Néanmoins, l’incapacité à constituer une alliance électorale, est liée aux difficultés, à tout le moins insurmontables, de leadership, clivages et déchirements entre anciens et nouveaux partis qui se réclament de l’obédience islamiste. «Cette initiative ou alliance, qui devait être réalisée sur la base de programmes communs et, censée se faire avec des partis qui peuvent assumer leur position, est loin d’être mûrie», estime M.Menasra. En tout cas, ces formations redoublent de surenchère sur le thème de la fraude électorale, mettant la pression sur le gouvernement. Par ailleurs, les pouvoirs publics ont visiblement opté pour une stratégie «d’émiettement et d’atomisation de l’électorat islamiste, en accordant généreusement de nombreux agréments à des formations d’obédience islamiste».

Abdelmadjid Menasra qui a tendu la main aux militants du parti dissous en les appelant à rejoindre le Front du changement (FC), avant même qu’il soit agréé, continue sur la même lancée. «Je confirme qu’on a des militants de l’ex-Fis parmi notre base», a-t-il insisté. A titre de rappel, M.Menasra a qualifié de «tare majeure» l’article 4 de la nouvelle loi sur les partis politiques interdisant aux anciens dirigeants du FIS dissous de revenir sur la scène politique.