AADL 3 : date butoir au « mauvais moment », obstacle bancaire… des députés saisissent Belaribi avant l’Aïd

AADL 3 : date butoir au « mauvais moment », obstacle bancaire… des députés saisissent Belaribi avant l’Aïd
AADL 3

La deuxième moitié de la première tranche du programme AADL 3 est attendue pour le 20 mai 2026. Soit quelques jours avant l’Aïd al-Adha.

Face à ce calendrier jugé mal choisi, des parlementaires ont interpellé le ministre du Logement. Le député Mohamed Bouzidi, du Front de l’avenir, a adressé une requête formelle au ministre Mohamed Tarik Belaribi pour demander un report de trois mois sur le délai de versement de la deuxième moitié de la première tranche du programme AADL 3, fixé au 20 mai 2026.

AADL 3 : pourquoi des députés veulent repousser l’échéance du 20 mai

L’argument central, cette date coïncide directement avec la période de l’Aïd al-Adha, qui mobilise une part significative du budget familial, l’achat du mouton en tête. S’y ajoute un obstacle d’ordre bancaire que Bouzidi pointe explicitement dans sa lettre.  «Un grand nombre de souscripteurs éprouvent des difficultés à verser les sommes requises dans les délais impartis. Notamment en raison du refus de nombreuses banques d’accorder des prêts pour couvrir les différentes échéances».

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Pour le député, la situation génère «une pression financière croissante» sur une large frange de bénéficiaires. D’autant que «la conjoncture socio-économique actuelle a un impact direct sur le pouvoir d’achat des familles». Un report de 90 jours permettrait, selon lui, de desserrer l’étau sans remettre en cause les engagements contractuels des souscripteurs.

Ce que l’État a déjà consenti pour alléger la facture des souscripteurs AADL 3

Ce n’est pas la première fois que des ajustements sont réclamés, et souvent obtenus, pour les bénéficiaires du programme location-vente. Depuis le lancement d’AADL 3, plusieurs concessions ont déjà été accordées :

  • Paiement échelonné de la première tranche : sur instruction du président de la République, le ministre de l’Habitat avait annoncé, le 15 décembre 2025, la possibilité de s’acquitter de la première tranche en deux temps (2 × 50 %), soit précisément la tranche dont le second versement est aujourd’hui contesté.
  • Crédit dédié à 1 % via la CNEP-Banque : lancé le 11 décembre 2025, ce dispositif permet aux souscripteurs salariés ou retraités de moins de 70 ans de financer la totalité de leur apport personnel à un taux bonifié de 1 %, sur 25 ans, sous condition de domiciliation de salaire ou de pension.
  • Aide de 700 000 DA par bénéficiaire : destinée à couvrir la valeur du terrain, fixée administrativement à 60 000 DA le m², pour les souscripteurs n’ayant bénéficié d’aucune aide antérieure au logement.
  • Prise en charge des intérêts par le Trésor public : les taux d’intérêt sont bonifiés à 100 % et les intérêts intercalaires assumés par l’État. Le souscripteur ne règle, en définitive, que le reliquat d’un coût de revient largement subventionné.

Logements AADL : des requêtes parlementaires qui ont déjà fait bouger les lignes

La démarche de Bouzidi renoue avec une pratique parlementaire rodée autour du dossier AADL 3. Lors du lancement du programme, plusieurs requêtes avaient déjà été transmises au ministère du Logement. Portant notamment sur l’assouplissement des modalités de paiement, la prise en compte des souscriptrices veuves. Ou  encorel’intégration d’équipements de vie dans les futures cités. Certaines de ces demandes ont abouti.

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Cette fois, au moins deux députés ont de nouveau sollicité le ministre, une mobilisation qui avait suffi à déclencher des ajustements. Le dossier est donc désormais entre les mains du ministère.