A une semaine de la rentrée scolaire , Les dossiers de la discorde

A une semaine de la rentrée scolaire , Les dossiers de la discorde
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«L’arrivée en première année secondaire de la première promotion d’élèves de la 5e année primaire augmentera la moyenne d’occupation des classes»L’année scolaire sera particulièrement pénible par rapport aux années précédentes, en gardant irrésolus les mêmes problèmes socioprofessionnels.

Flambée des prix des articles scolaires, surcharge des classes, rappels qui tardent à venir, mécontentement généralisé des travailleurs de l’éducation et violence exacerbée dans les écoles et collèges…sont autant d’ingrédients qui font dire à nombre d’observateurs que la rentrée scolaire s’annonce houleuse. Des sources syndicales, prévoient une réédition des revendications traditionnelles de la famille des enseignants, avec en sus une formidable prédisposition des personnels à l’action immédiate, voire aux mouvements spontanés.En effet, estime M. Idir Achour du CLA (Conseil des lycées d’Algérie), le mécontentement est général et les personnels en colère risquent de passer à l’action sans nécessairement en référer aux AG (Assemblées générales).Ceci décrit-on ne peut mieux la nature explosive de la rentrée scolaire 2012-2013. Ce responsable syndical estime que cette situation est le fait de l’administration qui a la réputation d’être passée maître dans l’art de la stratégie et qui s’ingénue à prendre en otage des revendications essentielles.Notamment celle des rappels de salaires, laquelle revendication aurait sciemment été entretenue afin de mieux détourner les regards de la société sur des questions bien plus pertinentes comme la qualité de l’enseignement et autres paramètres pédagogiques qui engagent jusqu’aux orientations de la République en matière d’éducation. «On a le chic de chauffer à blanc les esprits et canaliser l’importance sur une demande sociale qu’il aurait mieux valu résoudre depuis belle lurette!» s’exclame M.Achour, qui ajoute qu’il était attendu que la question des rappels soit réglée bien avant la fin de l’année. Cette démarche ne peut que renseigner sur la volonté malsaine de piéger le corps enseignant que l’on cherche à garder éloigné de dossiers à la teneur plus consistante à l’instar de celui du statut ou des retraites.Aussi, s’attend-on à voir le collectif des syndicats patauger de plus belle dans le marasme et négocier des demandes matérielles, certes délicates mais moins déterminantes pour l’avenir des générations. Toute cette agitation cachera, préviennent les syndicalistes, une amère réalité faite de surenchère sur les cours privés, de surcharge des classes et une recrudescence de la violence en milieu scolaire.D’ores et déjà on prévient que les fameux cours particuliers connaîtront une hausse jamais égalée dans notre pays à telle enseigne que l’on parle de commercialisation du savoir.Ce qui est synonyme de réussite par l’argent et donc une sérieuse remise en cause du principe national de démocratisation de l’enseignement. «A ce rythme on ne va pas tarder à songer à la privatisation des écoles publiques au nom du profit!» s’inquiète M.Achour qui n’hésite pas à faire le parallèle avec la privatisation des entreprises publiques…A une semaine de la rentrée des classes, l’année scolaire sera particulièrement pénible par rapport aux années précédentes, en gardant irrésolus les mêmes problèmes socioprofessionnels, prévient-on encore. «Fauchés», après avoir subi, à l’image de tous les Algériens, des passages obligés de la dépense massive notamment les vacances d’été, le Ramadhan, l’Aïd et enfin la rentrée, les enseignants ne seront que plus sensibles aux revendications salariales et occulteront les conditions dans lesquelles ils exerceront la noble mission d’éducateurs.Les concours de recrutement et le lot de mécontents qu’ils génèrent, un allègement des programmes qui n’est pas à l’ordre du jour, la prime du Sud et le dossier des maladies professionnelles sont les autres points d’achoppement pour le département de Benbouzid.Ce sont là autant d’éléments capables de donner lieu à des manifestations spontanées et donc constituer autant d’occasions pour perturber le cours d’une année scolaire.