Le Dr Mansour Belkacem, maître-assistant en hématologie, a présenté les détails du protocole d’autogreffe de cellules souches mis en place à l’Hôpital Universitaire (EHU) d’Oran. Cette méthodologie, adaptée au contexte local, affiche des résultats cliniques probants.
Dans une communication scientifique, le Dr Mansour Belkacem revient sur l’évolution de l’unité d’autogreffe d’Oran, créée pour pallier les coûts élevés des transferts de patients vers l’étranger. Depuis son lancement, le service a vu son activité croître, passant de 11 greffes en 2009 à 150 en 2019.
L’’un des piliers de ses travaux récents concerne une étude clinique menée sur 11 patients en échec de mobilisation de cellules souches. Pour ces cas, l’équipe médicale a utilisé une version générique du Plerixafor (produit par le laboratoire Hétéro) afin de permettre la collecte des cellules nécessaires à la greffe.
Les conclusions de cette étude, publiée en février 2021, indiquent qu’aucune différence significative n’a été observée entre le médicament générique et le princeps (médicament de marque) en termes d’efficacité. Cette validation permet d’assurer la continuité des soins malgré les contraintes budgétaires ou les ruptures de stocks.
Le Dr Mansour décrit plusieurs spécificités du protocole oranais qui s’écartent des standards européens pour s’adapter aux ressources disponibles :
Conservation à 4°C : Les cellules souches prélevées ne sont pas systématiquement cryopréservées à l’azote liquide, mais conservées au réfrigérateur. Le Dr Mansour affirme que cette méthode simplifiée n’altère pas la viabilité du greffon.
Cryothérapie orale : Pour prévenir les mucites (inflammations buccales sévères) après la chimiothérapie intensive, le service utilise des glaçons et de l’éconazole, une méthode jugée efficace et peu coûteuse.
Prévention des thromboses : Une étude publiée en juin 2022 par le Dr Mansour confirme également l’efficacité de l’utilisation préventive d’HBPM (Lovenox) pour réduire les risques de complications thrombotiques durant la procédure.
Quels sont les résultats sur la survie des patients
Le Dr Mansour a exposé les résultats obtenus sur les lymphomes de Hodgkin à un stade avancé. Dans cette catégorie, le protocole d’Oran atteint une survie globale de 85 % à 5 et 10 ans pour les patients greffés en première intention. Ce taux chute à 64 % pour les patients greffés après une rechute, soulignant l’importance d’une intervention précoce.
Aujourd’hui, l’unité de l’EHU d’Oran assure un suivi mensuel pour ses patients et collabore avec des médecins référents à travers plusieurs wilayas (Annaba, Béjaïa, Blida, etc.) pour garantir la continuité du suivi post-greffe à l’échelle nationale.
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Santé à Alger : trois nouveaux hôpitaux et une maternité opérationnels d’ici mi-2026
Le secteur de la santé dans la capitale s’apprête à franchir une étape décisive. À l’issue d’une visite d’inspection effectuée ce dimanche, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a annoncé la mise en service imminente de plusieurs infrastructures hospitalières majeures à Alger, prévues pour la fin du deuxième trimestre 2026. Un programme ambitieux destiné à désengorger les établissements existants et à améliorer durablement la prise en charge des patients.
Accompagné du wali d’Alger, Mohamed Abdenour Rabehi, le ministre a inspecté plusieurs chantiers hospitaliers considérés comme prioritaires pour la wilaya. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie globale visant à renforcer le maillage sanitaire de la capitale, confrontée depuis plusieurs années à une forte pression sur ses structures de soins.
Le plan de déploiement prévoit la livraison de trois nouveaux hôpitaux de 120 lits chacun, répartis de manière stratégique afin de couvrir différentes zones de la capitale :
Aïn Benian, à l’ouest d’Alger
Baraki, au sud-est
Reghaïa, à l’est
À ces établissements s’ajoute la réalisation d’une maternité de 60 lits à Reghaïa, portant la capacité totale supplémentaire à 420 lits. Une extension jugée essentielle pour répondre à la demande croissante, notamment dans les spécialités liées à la santé maternelle et infantile.
Des travaux achevés à 95 % et des équipements de dernière génération
Sur le terrain, l’état d’avancement des travaux est jugé très satisfaisant. Selon le ministre de la Santé, les chantiers ont atteint un taux de réalisation avoisinant les 95 %, laissant entrevoir une livraison dans les délais annoncés.
Au-delà de l’augmentation de la capacité d’accueil, ces nouvelles structures se distingueront par leur niveau d’équipement. « Ces établissements seront dotés des matériels les plus modernes, notamment en matière d’imagerie médicale, afin de répondre aux normes internationales de soins », a assuré Aït Messaoudene. Le wali d’Alger a confirmé, de son côté, que les opérations d’acquisition et d’installation des équipements sont déjà en cours, garantissant ainsi une mise en service effective au deuxième trimestre 2026.
Les autorités ne comptent pas s’arrêter à ces réalisations. Mohamed Abdenour Rabehi a annoncé l’ouverture de concertations pour identifier les assiettes foncières destinées à accueillir deux nouveaux Centres Hospitalo-Universitaires (CHU), l’un à l’est et l’autre à l’ouest de la capitale.
L’objectif affiché est clair : réduire la pression structurelle qui pèse depuis des années sur les cinq grands hôpitaux actuels de la wilaya d’Alger, lesquels accueillent une patientèle venue de l’ensemble du territoire national.
Cette dynamique s’inscrit pleinement dans les orientations fixées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. « L’État réaffirme son engagement à développer le secteur de la santé à travers le renforcement des infrastructures et des ressources humaines », a rappelé le ministre, saluant la coordination entre les services de la wilaya et les acteurs du secteur.


