À la veille de la finale, Pape Thiaw vante l’Algérie et critique l’organisation de la CAN 2025 à Rabat

À la veille de la finale, Pape Thiaw vante l’Algérie et critique l’organisation de la CAN 2025 à Rabat
pape thiaw

À seulement 24 heures de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) entre le Maroc et le Sénégal, la tension est montée d’un cran. L’arrivée des Lions de la Teranga à Rabat, vendredi soir, a été marquée par un chaos logistique qui a rapidement fait réagir la Fédération sénégalaise de football (FSF).

Dans un communiqué publié samedi matin, celle-ci a dénoncé « l’absence manifeste de dispositif de sécurité adéquat », jugeant que cette situation avait « exposé les joueurs et le staff technique à une promiscuité et à des risques incompatibles avec les standards d’une compétition de cette envergure et le standing d’une finale continentale ».

L’incident, survenu à la gare de Rabat, n’a pas été un simple contretemps. Selon la FSF, l’équipe nationale sénégalaise a été laissée à la merci d’une foule compacte, sans protection suffisante, quelques heures seulement avant le match le plus important du tournoi. La fédération a également appelé la Confédération africaine de football (CAF) et le comité d’organisation local à prendre « toutes les mesures correctives immédiates pour garantir le respect des principes de fair-play, d’égalité de traitement et de sécurité, indispensables à la réussite de cette fête du football africain ».

Cet épisode survient dans un contexte où la CAN 2025 a gagné en notoriété et en audience, propulsant le football africain sur le devant de la scène internationale. L’enjeu dépasse donc le simple cadre sportif : il s’agit aussi de l’image et de la crédibilité de l’Afrique dans le football mondial.

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Pape Thiaw : la réaction vive du sélectionneur sénégalais

Quelques heures après le communiqué de sa fédération, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw, 44 ans, s’est présenté en conférence de presse pour livrer sa version des faits. Dans une atmosphère électrique, il n’a pas éludé le sujet brûlant.

« Je préférerais ne pas en parler », a-t-il d’abord confié, visiblement partagé entre retenue et indignation, avant de poursuivre : « Notre fédération en a parlé. Je pense que les enjeux dans le football ne doivent pas nous amener à faire certaines choses. Aujourd’hui, c’est l’image de l’Afrique qui est en jeu. »

Pour le technicien sénégalais, l’incident dépasse le simple cadre logistique et touche directement au rayonnement du football africain. « Notre compétition que personne ne regardait avant est très haut aujourd’hui. Il ne faut pas gâcher ça », a-t-il insisté. Pape Thiaw est même allé jusqu’à évoquer le Ballon d’or et le cas de Sadio Mané, critiquant l’idée selon laquelle la CAN ne serait pas une compétition majeure :

« On a des joueurs planétaires qui n’ont pas gagné le Ballon d’or à cause de la CAN. Les gens disaient que ce n’était pas une compétition majeure. Sadio Mané méritait son Ballon d’or. »

Revenant plus précisément sur l’épisode de la gare, il a dénoncé le manque de sécurité et les risques encourus par ses joueurs :

« Une belle organisation, il faut bien la finir, c’est important. Hier, ce qui s’est passé est anormal. Une équipe comme le Sénégal qui descend du train, on la laisse avec la foule populaire comme ça… Les joueurs étaient en danger. Tout pouvait se passer avec des personnes mal intentionnées. Ça ne doit pas se passer, surtout entre deux pays frères. »

Ces propos ont été accueillis par des applaudissements nourris de la salle de presse, témoignant de la gravité perçue de la situation.

Le sélectionneur a également établi une comparaison avec le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) 2023, remporté par le Sénégal A’ face à l’Algérie A’ :

« Lors du CHAN 2023 en Algérie, tout s’était très bien passé. Au niveau de l’organisation notamment, nous avions été très satisfaits du travail, et au final, l’événement s’était parfaitement déroulé. »

Selon lui, l’écart de traitement entre les deux compétitions à seulement 48 heures d’une finale continentale est inacceptable et pourrait ternir l’image de la CAN.

Un appel à la CAF et aux organisateurs : une série de manquements selon la FSF

Selon le communiqué de la Fédération sénégalaise de football, plusieurs dysfonctionnements ont marqué l’organisation de la finale. L’arrivée à la gare de Rabat a été chaotique, la délégation sénégalaise ayant été exposée à une promiscuité et à des risques incompatibles avec les standards d’une compétition de cette envergure et le standing d’une finale continentale, en raison de l’absence manifeste de dispositif de sécurité adéquat.

Le problème ne s’est pas limité à l’accueil : l’hébergement de l’équipe nationale a également posé des difficultés, puisque ce n’est qu’après une protestation officielle par courrier que la FSF a obtenu l’attribution d’un établissement hôtelier de catégorie 5 étoiles, garantissant enfin des conditions de récupération adaptées pour les joueurs et le staff.

La situation s’est compliquée avec le site d’entraînement, le Sénégal refusant catégoriquement de tenir ses séances au Complexe Mohammed VI, considéré comme le camp de base de l’équipe adverse, ce qui soulève un problème d’équité sportive. À ce jour, la FSF n’a toujours pas reçu la notification officielle concernant le site d’entraînement de son équipe, laissant planer un doute sur la préparation optimale de ses joueurs à moins de 24 heures de la finale.

Billetterie et accès au stade : une offre qui ne répond pas à la demande

La billetterie et l’accès au stade constituent un autre point de tension, la dotation officielle n’étant que de deux tickets VVIP par la CAF et l’absence de possibilité d’achat complémentaire de billets VIP et VVIP ayant été déplorée, contrairement aux demi-finales. La FSF a néanmoins réussi à acquérir un nombre limité de billets pour ses supporters, soit 300 en Catégorie 1, 850 en Catégorie 2 et 1 700 en Catégorie 3, mais ces quantités restent largement insuffisantes face à la demande et aux restrictions imposées, pénalisant le public sénégalais.

Dans ce contexte, la Fédération a appelé la CAF et le comité d’organisation local à prendre toutes les mesures correctives immédiates afin de garantir le respect des principes de fair-play, d’égalité de traitement et de sécurité, considérés comme indispensables pour la réussite de cette fête du football africain. Les critiques formulées soulignent l’urgence d’une intervention afin que la finale se déroule dans des conditions optimales et que l’image du football africain ne soit pas ternie par ces manquements organisationnels.