La 35ᵉ session du sommet du Forum des chefs d’État et de gouvernement du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) s’est ouverte vendredi au siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en Éthiopie. Les travaux se déroulent avec la participation du Premier ministre, Sifi Ghrieb, représentant le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, actuel président du Forum.
Cette session intervient dans un contexte institutionnel particulier, marqué par l’achèvement prochain du mandat de l’Algérie à la tête du Forum des chefs d’État et de gouvernement du MAEP, qu’elle préside depuis février 2024. Elle constitue ainsi une étape charnière permettant à la fois d’évaluer les avancées enregistrées au cours des deux dernières années et de préparer une transition ordonnée vers une nouvelle présidence.
Le MAEP s’impose, au fil des années, comme l’un des principaux instruments de l’Union africaine en matière de promotion de la bonne gouvernance, de consolidation de la paix et de la sécurité, de renforcement de l’intégration africaine et d’encouragement d’une action collective fondée sur la responsabilité et l’auto-évaluation volontaire.
Gouvernance : les réformes au cœur des travaux
La 35ᵉ session du sommet est consacrée à l’examen de cinq domaines thématiques structurants du MAEP, à savoir la démocratie et la gouvernance politique, la gouvernance et la gestion économique, la gouvernance d’entreprise, le développement socio-économique, ainsi que la résilience des États face aux chocs, aux crises et aux catastrophes.
Les participants à ce rendez-vous continental passeront en revue les rapports d’évaluation nationale volontaire présentés par plusieurs pays africains. Ces échanges permettront d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations formulées lors des précédents cycles d’évaluation, tout en identifiant les bonnes pratiques susceptibles d’être partagées à l’échelle régionale et continentale.
Les débats porteront également sur les moyens de renforcer l’efficacité du mécanisme, d’améliorer son impact sur les politiques publiques nationales et d’élargir l’adhésion des États africains, dans un contexte où le continent demeure confronté à des défis multidimensionnels liés à la paix et à la sécurité, au développement durable, à la gouvernance économique et au financement des programmes de réforme.
À ce titre, le sommet constitue un espace privilégié de dialogue politique de haut niveau, permettant aux dirigeants africains d’échanger sur les réponses communes à apporter aux mutations géopolitiques, économiques et institutionnelles affectant l’Afrique.
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L’engagement constant de l’Algérie en faveur du MAEP
À plusieurs reprises, le président de la République a souligné l’importance stratégique du MAEP, exprimant sa conviction que ce mécanisme représente un cadre crédible et pertinent pour accompagner les États africains dans la recherche de solutions africaines aux défis communs du continent.
Le chef de l’État a notamment mis en avant le rôle du MAEP dans la promotion de l’échange des meilleures pratiques, des expériences et des expertises en matière de bonne gouvernance, tant au niveau régional que continental, contribuant ainsi au renforcement des capacités institutionnelles des États membres.
Dans ce cadre, l’Algérie a réaffirmé son soutien concret au mécanisme. Lors de la 34ᵉ session du sommet du MAEP, présidée par le président Tebboune l’an dernier, une contribution volontaire d’un million de dollars américains avait été annoncée afin d’appuyer les activités du mécanisme et de soutenir la conduite de nouvelles évaluations nationales.
Créé en 2003, le MAEP repose sur un processus d’adhésion volontaire et vise à promouvoir l’évaluation par les pairs comme outil d’amélioration continue des politiques publiques et des systèmes de gouvernance. À travers sa présidence du Forum, l’Algérie a constamment plaidé pour un renforcement de ce mécanisme en tant que pilier central de l’architecture de gouvernance de l’Union africaine.
La présidence du Forum sera transférée, au cours de l’année, à la Ouganda pour un mandat de deux ans, ouvrant ainsi une nouvelle phase dans l’action du MAEP, dans un esprit de continuité institutionnelle et de coopération africaine renforcée.
